Le Canada lance sa riposte commerciale face à Trump

12 Juin, 2018, 08:11 | Auteur: Lynn Cook
  • Trump saborde le G7 et menace ses alliés de nouvelles taxes

Alors que tous les dirigeants du G7 réunis à Charlevoix s'étaient entendus sur une déclaration commune, le président Trump a retiré samedi son appui au communiqué final du sommet après que Justin Trudeau eut qualifié "d'insultantes", en conférence de presse, les surtaxes américaines sur l'acier et l'aluminium imposées par Washington.

Le cabinet du Premier ministre Trudeau n'a fourni qu'une brève réaction à la volte-face de Donald Trump.

À peine a-t-il quitté le G7 que le président américain a tweeté, depuis Air Force One: "En raison des fausses déclarations de Justin [Trudeau, ndlr] à sa conférence de presse, et du fait que le Canada impose des taxes massives sur nos agriculteurs, travailleurs et entreprises américains, j'ai demandé à nos représentants américains de retirer le soutien au communiqué, tandis que nous envisageons des tarifs sur les automobiles qui inondent le marché américain!". Justin Trudeau averti que les discussions s'annoncent 'difficiles' avec les Etats-Unis au sommet du G7. Canada, France, Allemagne, Royaume-Unie et Italie, ainsi que l'Union européenne, ont souscrit à une nouvelle charte contre la pollution plastique des océans.

Même des opposants aussi féroces qu'Andrew Scheer ou le premier ministre élu de l'Ontario, Doug Ford, se sont engagés à appuyer le gouvernement fédéral dans ses efforts à résoudre ce qui ressemble de plus en plus à une guerre commerciale avec les États-Unis. Un texte qui ne réglait pas le conflit en cours, mais qui était considéré comme un pas vers la désescalade et le dialogue.

Dimanche matin, le principal conseiller économique de Donald Trump, Larry Kudlow, a accusé Justin Trudeau d'être responsable de l'échec du Sommet du G7.

Le président Trump a prétendu que M. Trudeau n'avait pas à se plaindre des tarifs de 25 % et 10 % sur l'acier et l'aluminium, car le Canada fait bien pire en imposant un droit de douane de 270 % sur les importations de produits laitiers.

Dans un gazouillis dimanche soir, le président américain a déclaré que le Canada avait un excédent commercial de près de 100 G$ avec les États-Unis. Dans la journée, Donald Trump se montre un peu plus confiant: " Il va se passer quelque chose, je pense que ce sera très positif ", dit-il.

"C'est ce qui compte", a-t-il conclu. Le président américain avait même quitté La Malbaie en tweetant que le sommet avait été "excellent", comme ses relations avec ses six homologues.

Le président russe Vladimir Poutine a quant à lui ironisé sur le "babillage inventif" des pays du G7, qu'il a invités à "se tourner vers les sujets concrets relevant d'une vraie coopération".

À La Malbaie, le président américain a réitéré sa menace de droits de douane accrus sur les voitures étrangères importées, notamment européennes. Un secteur qui pèse bien plus les deux métaux jusqu'à présent frappés.

L'Allemagne est particulièrement inquiète: les automobiles représentent en valeur le quart de ce que ce pays exporte vers les Etats-Unis. Aux États-Unis, les Audi, Volkswagen et autres voitures étrangères sont frappées d'une taxe de 2,5%. Donald Trump s'est envolé de Washington trop tardivement pour qu'elle puisse avoir lieu dans les temps.

Les économies des deux pays sont aussi étroitement imbriquées avec un va-et-vient constant de personnes et de marchandises, le Canada étant le plus grand partenaire commercial des Etats-Unis.

Emmanuel Macron, pour sa part, est sur la même ligne que le Canada.

Quant à l'ancien ambassadeur du Canada aux États-Unis, Derek Burney, il a exhorté le gouvernement canadien et ses alliés du G7 à rester calmes.

"Déprimant", a lancé la chancelière allemande Angela Merkel. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

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