Angela Merkel : le tweet de Trump est "dégrisant et déprimant"

12 Juin, 2018, 01:47 | Auteur: Lynn Cook
  • Entre le président américain et ses partenaires du G7 les fronts se sont durcis samedi au Québec. Les discussions ont même tourné au vinaigre avec son hôte canadien Justin Trudeau

Mais le G7 qui s'est déroulé ce week-end au Canada restera dans les annales.

En un tweet (suivi par un second, tout aussi rageur, où Trump qualifie son homologue canadien de "faible et malhonnête"), le président américain a réduit à néant deux jours de discussions entre les chefs d'Etat et de gouvernement des pays du G7 - Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie et Canada - dans la petite ville de La Malbaie.

Pour elle, cette nouvelle passe d'armes avec le président américain, la montée en puissance de la Chine et les ambitions russes démontraient une fois de plus que l'Europe devait développer ses capacités d'action sur la scène internationale et devenir une puissance avec une "culture stratégique". Après de difficiles tractations, un accord a été trouvé samedi... Celui-ci, qui venait tout juste d'être rendu public lorsque Donald Trump a gazouillé, avait obtenu le sceau d'approbation de toutes les délégations, a assuré dimanche une source gouvernementale canadienne.

Une photo résume le fiasco de ce G7. Après avoir désavoué le communiqué commun, Donald Trump a menacé ses alliés de droits de douane alourdis.

En dehors du commerce, il y a eu aussi un désaccord sur la position du G7 sur le changement climatique et sur la suggestion de Trump d'une réintégration de la Russie au sein du club.

Les Européens ont voulu afficher un front uni sur ce dossier en rejetant la proposition du président américain, appelant le Kremlin à cesser de " saper les systèmes démocratiques ". ", ironise sur tweeter l'ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt". Puis, sur les ondes de Fox News, le conseiller au commerce Peter Navarro a ajouté davantage de vitriol. "Incohérent", a pour sa part commenté le président français Emmanuel Macron.

Trump et Macron ont partagé des poignées de main maladroites lors de leurs précédentes rencontres dans les deux pays des dirigeants.

"En coulisses, les échanges ont été " très tendus " selon l'Elysée, presque " embarrassants", en particulier sur les relations commerciales. "Nous nous y tenons, et quiconque les quitterait le dos tourné montre son incohérence et son inconsistance", a noté la présidence.

La Maison-Blanche a intensifié sa dispute avec le Canada dimanche en accusant Justin Trudeau de "trahison".

"Il y a une place spéciale en enfer pour tout dirigeant étranger qui fait preuve de mauvaise foi diplomatique avec le président Donald J. Trump et qui tente ensuite de le poignarder dans le dos alors qu'il se dirige vers la porte", a-t-il lancé sur les ondes du réseau favori du président.

La réponse française à la volte-face de Donald Trump est cinglante.

Les 8 et 9 juin 2018, le Manoir Richelieu de La Malbaie au Canada accueillait le 44e sommet du G7.

Après de difficiles négociations, le groupe des sept a fini par accoucher d'un accord sur 28 points samedi. Le texte, qui dénonçait le protectionnisme et appelait à réformer l'organisation mondiale du commerce, ne résolvait pas le conflit en cours sur les nouveaux droits de douanes américains sur l'acier et l'aluminium, mais il avait était salué par tous comme un pas vers la désescalade et le dialogue.

Sur son compte officiel, les communicants d'Emmanuel Macron publient un quart d'heure plus tard un cliché bien différent. Sa délégation et lui-même avaient pourtant donné validé ce document.

Des élus américains ont aussi pris la parole pour défendre le Canada, dont le sénateur John McCain qui a écrit que "Les Américains sont solidaires avec vous, même si notre président ne l'est pas".

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