Le gouvernement ne reviendra pas sur l'accord avec Total — Huile de palme

11 Juin, 2018, 13:42 | Auteur: Aubrey Nash
  • Pénurie d'essence: des dépôts bloqués des stations-service à sec

Le ministre français de l'agriculture Stephane Travert à sa sortie de l'Elysee le 6 juin 2018.

"Ces blocages sont illégaux", a déclaré Stéphane Travert, estimant que "ce n'est pas en bloquant" des raffineries "qu'on trouvera des solutions adéquates". Le déclencheur a été l'autorisation donnée à Total d'importer de l'huile de palme, afin d'exploiter sa bioraffinerie de la Mède (Bouches-du-Rhône). La FNSEA, premier syndicat agricole, et les Jeunes agriculteurs ont appelé leurs adhérents à occuper au total 14 sites stratégiques durant trois jours reconductibles.

"Le ministre d'Etat Nicolas Hulot l'a dit, ce n'est pas de gaieté de coeur, mais il (le projet de la Mède) est une étape dans la transition", a-t-il ajouté, assurant que l'huile qui y sera produite n'entrerait pas en concurrence avec l'huile produite par les agriculteurs. En effet, de nombreuses stations services risquent d'avoir des difficultés à être approvisionnées, en raison du blocage par les agriculteurs de certaines raffineries mais aussi de dépôts de carburant. Et l'Etat dispose de stocks stratégiques pour trois mois. Il a en outre voulu " dire aux exploitants agricoles qui se mobilisent - parce que que derrière ça il y a un groupe, notamment Avril, le groupe de la filière colza française - que ce groupe lui-même importe 200 000 tonnes d'huile de palme chaque année et que donc il faut qu'ils disent qu'ils sont conscients des enjeux de compétitivité, et que si eux-mêmes importent des centaines de milliers de tonnes d'huile de palme, ils peuvent peut-être comprendre qu'aujourd'hui, on ne peut pas en sortir tout de suite.

Un mouvement de protestation démarre ce dimanche en France.

Damien Greffin, le président de la FDSEA Île-de-France, est sur la même ligne: "On peut imposer des normes aux agriculteurs en France, mais il faut aussi les imposer aux produits qu'on est capable d'importer".

A partir de ce dimanche. Ils n'étaient plus qu'une soixantaine lundi matin. "N'importons pas l'agriculture que nous ne voulons pas!", est le slogan que les agriculteurs en colère rappellent dans leurs tweets, autour du mot-clé #SauvezLesAgris. Une concurrence redoutée par les producteurs de colza français. Le mouvement est observé avec intérêt par les ONG environnementales, d'ordinaire opposées à la FNSEA dans les dossiers phytosanitaires. "C'est la goutte d'huile de palme qui fait déborder la coupe des problèmes des paysans ", résume Pierre Lebaillif, président des JA de Normandie".

"En Amérique du sud, la taille moyenne d'un élevage est de 24.000 bovins, en France un agriculteur élève en moyenne 80 vaches allaitantes, et on nous demande d'être toujours plus vertueux sur le plan de l'environnement", fait valoir Christiane Lambert, présidente de la FNSEA. Les agriculteurs demandent la réintroduction dans la loi Alimentation, examinée à partir du 26 juin au Sénat, d'un amendement sur l'interdiction d'importer toute denrée produite en utilisant des substances phytosanitaires interdites dans l'Union européenne.

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