Terrorisme : le réfugié était-il un cadre de Daech ?

10 Juin, 2018, 01:25 | Auteur: Lynn Cook
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Selon les autorités irakiennes, Ahmed H. était recherché en Irak pour "assassinats en relation avec une entreprise terroriste" et "crimes de guerre" suite au massacre, en juin 2014, du camp militaire de Speicher, à Tikrit, au nord de Bagdad.

C'est à l'été 2017 que l'homme a été repéré par les services de renseignement puis interpellé le 6 mars à Lisieux, dans le Calvados, par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), a précisé la source proche de l'enquête. Il a été écroué et mis en examen en mars, a-t-on appris jeudi auprès du parquet de Paris, qui confirmait une information de la chaîne de télévision TF1.

En juin 2017, cet homme avait obtenu le statut de réfugié politique et une carte de résident de 10 ans.

Les juges des pôles antiterroriste et crimes de guerre et contre l'humanité qui l'ont mis en examen ont aussi retenu les chefs d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste, association de malfaiteurs terroriste et participation à un groupement formé en vue de préparer des crimes de guerre.

Selon une source proche du dossier, interrogée par Europe 1, l'Irakien aurait plutôt le profil d'un ancien officier de l'armée de Saddam Hussein qui aurait rejoint l'Organisation de l'Etat islamique par haine des chiites, et espérait refaire sa vie tranquillement en Europe. Alors que ces derniers mois, la France a plutôt eu affaire à des attentats bricolés, l'angoisse des services de renseignements depuis presque un an, c'est que des cadres expérimentés de Daech soient revenus en Europe en vue d'y préparer des attentats de plus grande ampleur.

L'homme qui menait une vie discrète en France a nié toute implication dans les faits. Et pour " crimes de guerre ". Pour autant, si l'homme fait également l'objet d'une procédure judiciaire en Irak, il ne sera a priori pas extrader vers son pays d'origine. L'Etat lui a retiré ce statut protecteur dans la foulée de son incarcération. Contacté par l'AFP, son avocat, Me Mohamed El Monsaf Hamdi, n'a souhaité faire aucun commentaire dans l'immédiat. Etant passible de la peine de mort dans son pays, une extradition est cependant contraire aux principes français et donc peu envisageable.

Selon l'Ofpra, depuis 2015, plusieurs dizaines d'Irakiens, Syriens ou Tchétchènes se sont vus retirer leur statut de réfugié ou rejeter leur demande en raison de "menaces graves à la sûreté de l'Etat" ou de soupçons de "crimes de guerre".

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