Sommet du G7 : vers un communiqué final de compromis ?

10 Juin, 2018, 11:24 | Auteur: Aubrey Nash
  • Donald Trump quittant la Maison-Blanche le 8 juin 2018

Du commerce à la Russie, Donald Trump a défié vendredi ses alliés du G7 au Canada mais tous ont voulu donner l'image d'une franche explication entre amis.

Selon M. Lavrov, dont les propos ont été diffusés à la télévision russe, Moscou n'a "jamais demandé à revenir" dans le G8, redevenu le G7 après la suspension de sa participation suite à l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée en 2014.

Le premier ministre a assuré avoir exprimé fermement son désaccord par rapport aux visées protectionnistes de son voisin du sud.

"Nous sommes polis, mais nous ne nous laisserons pas bousculer", a dit M. Trudeau.

Blaguant avec Justin Trudeau et les journalistes présents, Donald Trump avait même affirmé que la relation canado-américaine était "probablement meilleure, aussi bonne ou meilleure qu'elle ne l'a jamais été".

Le président américain a également attribué une note de 10 sur 10 à la qualité de ses relations avec les autres dirigeants, citant particulièrement Justin Trudeau, Emmanuel Macron et Angela Merkel.

"En raison des fausses déclarations de Justin lors de sa conférence de presse, et du fait que le Canada facture d'énormes tarifs aux fermiers, aux travailleurs et aux entreprises des États-Unis, j'ai donné l'instruction aux représentants américains de ne pas appuyer le Communiqué [du G7], alors que nous envisageons des tarifs sur les automobiles qui envahissent le marché américain", a écrit Trump sur Twitter.

Elle y est interprétée comme un symbole des tensions opposant les États-Unis à la France en particulier, et plus généralement aux autres pays du G7 (Canada, Allemagne, Royaume-Uni, Italie et Japon), sur le commerce, l'Iran, l'environnement ou la Russie.

La remarque du président américain sur la Russie a déclenché un premier front uni de la part du bloc européen.

Le communiqué diffusé vers 19h samedi par le bureau du G7 présente 28 engagements des pays signataires, "guidés par nos valeurs communes de liberté, de démocratie, de primauté du droit et de respect des droits de la personne et par notre engagement à promouvoir un ordre international fondé sur des règles". La part de marché des marques allemandes pour le segment des voitures haut de gamme dépasse 40%, selon la fédération automobile allemande (VDA).

Dans ce contexte, difficile d'imaginer un quelconque compromis entre Donald Trump et ses alliés ce week-end au sujet des droits de douane imposés la semaine dernière sur les importations d'acier et d'aluminium.

Le président français Emmanuel Macron a lui prévenu, lors de sa propre conférence de presse à La Malbaie, qu'il n'y avait "pas de changement" en ce qui concerne les contre-mesures européennes annoncées sur le bourbon ou les motos américaine, en riposte aux taxes américaines sur l'acier et l'aluminium. Aux Etats-Unis, les Audi, Volkswagen et autres voitures étrangères sont frappées d'une taxe de 2,5%.

Il est trop tôt pour dire si un communiqué commun des sept membres du G7 est possible car l'Iran et la lutte contre le dérèglement climatique - deux sujets de fortes dissensions avec le président américain - restaient à discuter.

Le dirigeant italien Giuseppe Conte a lui aussi une heure plus tard publié sa version, où il figure de dos, document en main, devant Angela Merkel et Emmanuel Macron qui ont là le rôle central.

Le président américain a d'ailleurs multiplié les provocations: il est arrivé le dernier et reparti le premier, a séché une réunion sur le climat, et est arrivé en retard à celle sur l'égalité entre les sexes.

Les Européens ont d'ores et déjà rejeté cette idée, et la Russie elle-même a décliné l'invitation du président américain.

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