La chimiothérapie n’est pas forcément le meilleur traitement — Cancer du poumon

08 Juin, 2018, 12:09 | Auteur: Jonathan Ford
  • Cancer du sein: 10 000 chimios pourraient être évitées chaque année

Aucun ne s'avance à dire que la chimiothérapie disparaîtra pour tous les cancers. "Nous sommes en train de quitter l'ère où la seule solution était la chimiothérapie", s'est réjoui John Heymach, cancérologue au centre médical MD Anderson, au Texas. Otis Brawley, médecin en chef de la American Cancer Society, s'exprime en ce sens: "Au cours des 25 dernières années, j'ai perdu 3 patients qui avaient contracté une leucémie (cancer du sang) à cause de leur chimiothérapie, j'ai également perdu des patients du fait de leurs défaillances cardiaques aigües causées par leur chimio, et j'ai vu des patients souffrir de "déficit cognitif secondaire aux traitements oncologiques" et qui ont eu des difficultés à se concentrer pour le reste de leur vie". " Chez les patients atteints d'une forme avancée de cancer du poumon non à petites cellules et avec une expression du marqueur PD-L1 sur au moins 1% des cellules de la tumeur, le pembrolizumab (un anticorps monoclonal) en monothérapie améliore la survie de 4 à 8 mois et réduit la fréquence des effets secondaires sévères (grade 3 à 5) par rapport à la chimiothérapie (18% vs 41%) " explique l'article du site spécialisé. Dans 15-20% des cas, l'immunothérapie peut-être utilisée à la place de la chimiothérapie.

Éviter les effets indésirables...

... Et éviter ainsi les nausées, la perte des cheveux et les autres maux provoqués par la chimiothérapie. Notons toutefois que les résultats de cette étude dépendent de l'âge des femmes atteintes du cancer du sein. L'Asco a fait notamment état d'une étude menée sur les cancers urologiques.

Au total, la chimiothérapie ne serait pas utile chez l'ensemble des femmes de plus de 50 ans ayant un score entre 0 et 25, ce qui représente 85% des patients de cette tranche d'âge; et chez celles de moins de 50 ans ayant un score compris en 0 et 15, soit 40% des cas de cette tranche d'âge. " La chimiothérapie, ce n'est pas fini, on l'utilisera mieux " À l'heure de la personnalisation des prises en charge, " ces résultats sont très positifs ", relève le Pr Zelek". Pas forcément, il faudrait d'abord vérifier que l'association immunothérapie + chimiothérapie ne fait pas mieux que l'immunothérapie seule, ce qui n'est pas encore clair " conclue Pourquoi Docteur.

Pour le type le plus commun de cancer du poumon, c'est l'immunothérapie qui offre un espoir immense.

Le médicament en question est le Keytruda (ou pembrolizumab) de la pharmaceutique américaine Merk. L'étude montre que, pour deux tiers des patients qui ont le type de cancer du poumon le plus fréquent, le pembrolizumab est meilleur que la chimiothérapie. Mais seuls 20 % des patients répondent à l'immunothérapie.

Une vaste étude, nommée Tailor X (pour Trial Assigning Individualized Options for Treatment), met en effet en évidence que l'ajout d'une chimiothérapie adjuvante à l'hormonothérapie pourrait être inutile dans une proportion importante de cas. "Il ne faut pas être exagérément optimiste", précise le Pr Zelek". "À nous médecins de bien informer les patients sur la nature de leur cancer et la balance bénéfice risque de chaque approche thérapeutique disponible ".

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