Sanctions américaines : le groupe automobile PSA prépare son retrait d'Iran

06 Juin, 2018, 14:17 | Auteur: Aubrey Nash
  • Sanctions américaines: le groupe automobile PSA prépare son retrait d'Iran

Après avoir annoncé que la stratégie de PSA ne changerait pas après le retrait américain de l'accord sur le nucléaire iranien, le groupe annonce son départ, tirant ainsi un trait sur son marché le plus dynamique et 40 ans de présence industrielle.

Depuis, leur pression est forte sur les grands groupes industriels européens qui commercent avec l'Iran. 15 jours après l'annonce du retrait des Etats-Unis de l'accord, la directrice de la marque Peugeot, Linda Jackson, citée par Reuters, affirmait le 24 mai que la stratégie du groupe en Iran demeurait inchangée malgré le rétablissement des sanctions américaines contre l'Iran. Le groupe, dont les marques Peugeot et Citroën avaient formé des sociétés communes en Iran, a déclaré avoir "commencé le processus de suspension des activités de ses joint-ventures, afin de se conformer à la loi américaine d'ici le 6 août 2018". Sans l'Iran, l'objectif proclamé par le PDG Carlos Tavares de dépasser cette année la barre des 4 millions de véhicules écoulés, serait compromis alors qu'il était à portée de main grâce au rachat d'Opel/Vauxhall bouclé durant l'été 2017. Le groupe avait vendu l'an dernier 444 600 véhicules en Iran, où il est traditionnellement bien implanté. Le deuxième constructeur européen affirme cependant que l'importance du marché iranien reste minime en termes financiers.

Cette annonce "ne modifie ni les objectifs généraux" de son plan stratégique Push to Pass, ni "les orientations financières actuelles", précise le groupe qui vend essentiellement des anciens modèles de citadines (Peugeot 206) et de berlines (Peugeot 405), de fabrication locale.

Pourtant en janvier, PSA avait publié des chiffres qui montraient que ses ventes en Iran avait représenté en 2017 près des trois quarts de son activité au Moyen-Orient, loin devant Israël et la Turquie, et plus de 12% de ses ventes mondiales.

"C'est une très mauvaise nouvelle pour PSA". En effet, Donald Trump a imposé un embargo en signant ce retrait, qui implique également un retour des sanctions économiques contre l'Iran ainsi que contre les entreprises qui ont des liens commerciaux avec le pays. "Mais ils n'ont pas le choix car vous avez face à cette décision américaine, des sanctions. Si vous n'appliquez pas ce que demandent les Américains vous pouvez être sanctionnés lourdement, par des pénalités ou des interdictions de vendre sur le marché américain ou en dollars", a réagi Pierre Gattaz, le président du Medef.

Le constructeur tient toutefois à préciser qu'avec le soutien du gouvernement français, il est en contact avec les autorités américaines en vue d'obtenir une éventuelle dérogation.

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