Les inégalités de patrimoine ont augmenté en France entre 1998 et 2015

06 Juin, 2018, 14:19 | Auteur: Aubrey Nash
  • Etudiant ou travailleur combien coûte un jeune adulte à ses parents

Dans une étude rendue publique mardi soir, l'Insee dresse le portrait-robot des Français les plus aisés, ces 1 % de foyers qui disposent des revenus les plus élevés. Sa moyenne d'âge est de 59 ans, il vit le plus souvent en couple et n'a plus d'enfant à charge. Enfin, près de la moitié des très hauts revenus font aussi partie des 1 % ayant le patrimoine le plus élevé de l'Hexagone. Sans surprise, la détention de la résidence principale est un critère déterminant dans la constitution des inégalités de patrimoine: le patrimoine brut médian des ménages propriétaires est 20 fois plus élevé que celui des ménages locataires... Ces contribuables aisés se distinguent du commun des mortels par la diversité de leurs ressources: revenus d'activités, mais aussi revenus du patrimoine, revenus issus d'activités libérales rémunératrices (médecins, avocats...), ou encore "revenus exceptionnels", comme les plus-values mobilières.

Après une baisse continue depuis 2011, les 10 % des ménages les plus aisés ont vu leur pouvoir d'achat repartir à la hausse en 2015 avec au moins 3 125 euros par personne et par mois, soit 1,7 % de mieux. Le reste provient de revenus du patrimoine (pour un quart) ou d'une activité exercé en indépendant.

En plus de s'intéresser à cette frange la plus aisée des contribuables, l'Insee rappelle, dans son étude, que les inégalités de niveau de vie sont restées stables en France depuis 2008, alors qu'elles ont augmenté dans de nombreux pays voisins: 14,2 % de la population française vivait en 2015 sous le seuil de pauvreté (un seuil fixé à 1 015 euros par mois), un des plus bas taux de pauvreté d'Europe. Là encore, la crise est passée par là, faisant progresser le taux de pauvreté de 0,9 point et touchant 800 000 personnes de plus, entre 2008 et 2015. Les 1 % les plus riches payent en effet à eux seuls 25 % de l'impôt sur le revenu. Les revenus moyens des 10 % les plus riches pèsent 3,5 fois plus que ceux des 10 % les plus pauvres, soit exactement le même rapport qu'en 1996. Soit, à peu de chose près, mille fois le patrimoine des 10 % les moins favorisés, qui ne disposent en moyenne que de...

Début 2015, les 10% de ménages les mieux dotés détenaient ainsi chacun plus de 595.700 euros d'actifs, tandis que les 10% les moins biens dotés possédaient moins de 4.300 euros de patrimoine. Concrètement, cela correspond à un revenu mensuel - avant impôt et prestations sociales - de 8.850 euros pour une personne seule et de 18.590 euros pour un couple avec deux enfants de moins de quatorze ans. Les plus riches, eux, peuvent compter sur des revenus fonciers via la location d'un ou plusieurs biens immobiliers dont ils sont propriétaires, ou encore sur des dividendes quand ils ont un patrimoine financier conséquent.

De même, la composition de leur patrimoine est également très différente de celle des autres catégories. Mais lorsque le ménage comprend un chômeur, pas d'éclaircie à l'horizon: les chances d'acheter (après avoir un peu augmenté entre 2004 et 2010) ont été divisées par deux entre 2010 et 2015. Plus l'indicateur est proche de zéro, moins les inégalités sont grandes.

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