Modération : face aux critiques, Facebook exhibe ses chiffres

17 Mai, 2018, 22:54 | Auteur: Lynn Cook
  • Modération : face aux critiques, Facebook exhibe ses chiffres

Facebook a publié pour la première fois, ce mardi, un bilan chiffré de ses efforts pour supprimer de sa plateforme les contenus contrevenant à ses règles d'utilisation, qu'il s'agisse d'images à caractère sexuel, de commentaires haineux ou de propagande terroriste. Cela représente moins de 0,1% des contenus visionnés, et dans près de 96% des cas les images sont supprimées avant tout signalement. A cette occasion, il a rendu publics les chiffres impressionnants du nombre de contenus supprimés au premier trimestre de l'année. 99,5% d'entre eux ont été supprimés avant tout signalement. La plateforme déclare 3,5 millions de contenus violents ou haineux supprimés au premier trimestre 2018 ainsi que 21 millions de contenus comprenant de la nudité adulte ou de la pornographie. "Globalement, nous estimons qu'environ 3 à 4% des comptes Facebook actifs sur le site pendant cette période étaient encore faux ".

Parfois avec trop de zèle, comme lorsque le réseau censure certaines oeuvres d'art pourtant tolérées par ses règles, à l'image de "La liberté guidant le peuple" de Delacroix.

On apprend que rien qu'au premier trimestre 2018, le réseau social a désactivé 583 millions de comptes fake.

Facebook peine en revanche à détecter les messages de haine. Une situation qui s'ajoute "aux millions de tentatives de création de faux comptes" déjouées quotidiennement par le réseau. Dans ce cas spécifique, Facebook explique que les signalements des utilisateurs de la plateforme sont sa source principale pour identifier les contenus de ce type: les modérateurs ont ainsi procédé au retrait de 2,5 millions de contenus, et ceux-ci ont été signalés dans 62% des cas par la communauté.

Facebook continue de promettre monts et merveilles avec son intelligence artificielle, dont il admet tout de même qu'elle différencie mal les contenus problématiques des appels à l'aide ou des partages d'expérience. Et seules les attaques contre les personnes sont interdites, pas celles visant une idéologie ou une institution. La plupart de ces contenus sont automatiquement détectés et bloqués par les outils mis en place par le réseau social: à l'instar de ses concurrents, Facebook croit beaucoup au potentiel de l'intelligence artificielle et du machine learning pour la modération.

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