"Iran, acier: "les 28 en front uni face aux " caprices " de Trump

17 Mai, 2018, 22:55 | Auteur: Lynn Cook
  • Kevin Lamarque  Reuters                       Aux quatre coins du globe ces leaders qui peuvent dire merci à Trump

Ils ont aussi prévu de prendre position après le bain de sang dans la bande de Ghaza, où près de 60 Palestiniens, dont des enfants, ont été tués par des tirs israéliens lors de manifestations contre l'inauguration, lundi, de l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem. Tout particulièrement, celui du retrait de l'accord sur le nucléaire iranien et des sanctions frappant leurs entreprises européennes opérant dans ce pays.

Les Européens, qui entendent protéger leurs intérêts économiques liés à la reprise des échanges commerciaux avec Téhéran, discuteront de la possibilité d'appliquer une loi dite "de blocage", pour protéger leurs entreprises travaillant en Iran face aux menaces américaines.

Les 28 se retrouvent mercredi soir 16 mai à Sofia pour un "dîner de travail", à la veille d'un sommet avec les dirigeants de six pays des Balkans (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Serbie, Monténégro, Macédoine et Kosovo) qui vise à raffermir les liens avec cette région où la Russie tente d'étendre son influence. Les chefs d'États et de gouvernements continueront de soutenir l'accord, "pour autant que l'Iran le respectera".

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a dénoncé hier "l'attitude capricieuse" du gouvernement de Donald Trump.

" C'est la première fois depuis 15 ans que l'UE rencontre ses partenaires de la région sous ce format", souligne une source européenne, tout en précisant qu'il ne sera pas question de parler d'élargissement. "C'est vraiment un test de souveraineté important", insiste une source diplomatique, l'UE devant montrer qu'elle est capable d'" assurer la continuité " d'un accord. Des allusions claires aux menaces américaines de sanctions contre les entreprises qui maintiendraient leur activité ou leurs projets en Iran, ainsi qu'à l'instauration de tarifs douaniers sur l'exportation d'acier et d'aluminium à destination les Etats-Unis.

" Je proposerai que nous restions fermes". L'Elysée avait réagi dès mercredi dans un communiqué pour expliquer que les Européens "feront tout pour protéger les intérêts " de leurs sociétés présentes en Iran. Pour l'exempter définitivement, Washington exige une plus grande ouverture du marché européen.

Les Européens étudient plusieurs scénarios pour mettre un terme à ce conflit et la Commission a récemment ouvert la porte à une discussion sur un accord commercial " restreint", qui couvrirait uniquement des droits de douane sur des produits industriels et agricoles.

L'Allemagne est favorable à une telle ouverture, contrairement à la France, qui craint de voir ressurgir le spectre du très impopulaire TTIP (ou Tafta), le grand accord commercial au point mort depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump.

Quoi qu'il en soit, " on doit commencer par l'octroi d'une exemption " permanente et inconditionnelle, répète une source diplomatique.

Dans cette lettre, Donald Tusk expliquait aussi qu'il allait profiter d'un mini-sommet à Sofia, en Bulgarie, à l'origine consacré à l'innovation et à l'économie numérique, pour aborder les thèmes de l'actualité récente dont "les déclarations du président Trump à propos de l'Iran et du commerce, ainsi que les derniers événements dramatiques à Gaza". Les 28 ont cherché à afficher une unité sans faille face aux défis américains.

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