La critique: The House That Jack Built de Lars von Trier

16 Mai, 2018, 09:41 | Auteur: Sue Barrett
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Intitulé The House That Jack Built et mettant en vedette Matt Dillon, le film fait actuellement scandale au point où des gens quittent la salle de projection à la poignée, selon plusieurs rapports émanant de Cannes. Profil bas, après ses déclarations de 2011 à Cannes, quand il avait exprimé sa "sympathie" pour Hitler lors de la conférence de presse de son film "Melancholia", le réalisateur danois n'a prononcé que quelques mots avant de monter les marches, espérant notamment que les spectateurs verront que son nouveau film "est sans doute un petit peu différent".

"Pierre Lescure, président du Festival, et son conseil d'administration ont décidé d'accueillir le retour du réalisateur danois Lars von Trier en Sélection officielle", avait annoncé le Festival le mois dernier.

Provocateur et dérangeant à souhait, ce nouvel opus de Lars von Trier, composé de cinq parties qui relatent chacune un " incident", à savoir un meurtre, nous fait suivre Jack, un tueur en série surnommé " Monsieur Sophistication", qui veut faire de ses assassinats des oeuvres d'art. Tout au long du film, nous découvrons les descriptions de Jack sur sa situation personnelle, ses problèmes et ses pensées à travers sa conversation avec un inconnu, Verge. À la vue de ce trailer porté par la musique de David Bowie, on peut effectivement en être convaincu.

Mais au fur et à mesure que le film avance et que sont décrits ses crimes, l'horreur s'installe.

Connu pour les scènes de sexe et de violence de ses films, Lars von Trier, grand habitué de la Croisette où il est venu dix fois, devrait présenter lundi un film chargé en hémoglobine.

Palme d'or en 2000 pour "Dancer in the Dark", le réalisateur danois n'a plus mis les pieds au Festival de Cannes depuis ce scandale. Malgré des excuses, il fut déclaré persona non grata à Cannes, une sanction sans précédent.

Sans commenter son invitation à Cannes, le réalisateur danois, âgé aujourd'hui de 61 ans, a dit regretter ses déclarations de 2011. "Je n'ai jamais tué personne, mais si je devais le faire, ce serait un journaliste", a-t-il conclu, sirotant une bière, dans une villa cannoise, devant un groupe de journalistes. "Mais le fait est que nous n'étions vraiment pas amis", s'est-il défendu.

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