Elections législatives en Irak: "Ce scrutin est un tournant"

13 Mai, 2018, 10:12 | Auteur: Lynn Cook
  • Les ressortissants irakiens ont voté ce jeudi 10 mai en Syrie pour les élections du parlement irakien

Le nouveau Parlement aura pour mission de superviser la reconstruction d'un pays lourdement marqué par les trois années de combats contre les jihadistes du groupe Etat islamique et de tourner la page de quinze années de guerre depuis l'invasion américaine en 2003.

Près de 900 000 policiers et militaires en alerte dans toute l'Irak; les frontières et l'espace aérien restent fermés.

Ces élections sont les premières législatives organisées dans le pays depuis la victoire sur Daesh.

Dans la capitale, où la police bloquait les rues menant aux bureaux de vote, Sami Wadi, un retraité de 74 ans du quartier de Karrada, a fait son devoir électoral " pour sauver le pays du confessionnalisme et de la corruption ".

"A Mossoul, l'ancienne " capitale " irakienne de l'EI dans le Nord, aujourd'hui partiellement en ruines, Omar Abed Mohammed, chômeur de 32 ans, a également voté " pour changer les visages de ceux qui ont conduit à la destruction du pays ". Les 329 sièges de députés seront attribués proportionnellement au nombre de voix et les candidats élus en fonction de leur position sur les listes. Les résultats sont attendus au plus tôt le 15 mai. Autre première dans ce scrutin: les partis chiites ne se présentent pas sur une liste commune, en raison d'une lutte pour le pouvoir entre les hommes forts de la communauté dans le pays.

Le parti du premier ministre sortant Haider al-Abadi doit faire face à une forte compétition des formations politiques qui entretiennent des liens étroits avec l'Iran. L'Irak est en effet rongé par une effroyable corruption et la population accuse la classe politique de confondre ses poches avec celles de l'Etat.

Figurent aussi les listes des représentants de deux lignées de hauts dignitaires religieux: celles d'Ammar al-Hakim et celle du leader populiste Moqtada Sadr, qui a conclu une alliance inédite avec les communistes.

En rétorsion au référendum d'indépendance organisé en septembre au Kurdistan irakien, les troupes gouvernementales ont repris la province pétrolière de Kirkouk et des territoires que les combattants kurdes contrôlaient de facto hors des limites officielles de leur région autonome.

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