Victime de viol, elle est condamnée à mort

12 Mai, 2018, 09:27 | Auteur: Lynn Cook
  • Soudan: une adolescente victime de viol condamnée à mort

A l'âge de de 16 ans, son père l'a forcée à se marier avec l'homme en question, mais elle a refusé et s'est enfuie de chez elle pour aller vivre chez sa tante à 250 kilomètres de chez elle. A l'issue du procès, elle a été reconnue coupable d'"homicide volontaire" et condamnée à mort.

En avril 2017, la jeune femme a dû, après avoir terminé ses études secondaires, déménager chez son mari. Pour la punir, ce dernier a appelé deux de ses frères et un cousin pour qu'ils l'aident à la violer.

Selon le récit d'Amnesty International, qui a dénoncé la décision de justice, la jeune femme avait couru se réfugier chez ses parents juste après les faits, mais son père l'avait livrée à la police. Le lendemain, il a à nouveau essayé de la violer, mais elle a réussi à s'échapper dans la cuisine où elle a attrapé un couteau.

Mais trois ans plus tard, elle a été victime d'une supercherie de sa propre famille qui l'a ramené de force à son mari.

Noura Hussein est ensuite rentrée chez elle mais son père l'a remise à la police. Abdulrahman Hammad a succombé à ses blessures.

Lors de son procès, le juge a offert à la famille du mari la possibilité de pardonner à Nourra mais ils ont choisi l'exécution. Si cette affaire est portée au tribunal, ce n'est pas à cause du viol mais parce que la jeune femme à tué son violeur dans un cadre de légitime défense, ce que la justice ne reconnaît pas.

Pour le directeur régional d'Amnesty International, la condamnation de Noura Hussein Hammad, qui est une "est une victime et la peine prononcée à son encontre est d'une cruauté intolérable ", doit être annulée et doit voir s'ouvrir un nouveau procès car "La peine de mort est le châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant". Son histoire a aussi enflammé les réseaux sociaux avec le mot-clic #JusticeForNoura. "L'appliquer à une victime ne fait que souligner l'échec des autorités soudanaises à reconnaître la violence qu'elle a endurée", a-t-il ajouté. Une pétition a été lancée pour demander au gouvernement soudanais l'annulation de la condamnation à mort.

Au cours des dernières années, des ONG et des militants des droits des femmes et des enfants ont multiplié les campagnes contre ces mariages forcés, notamment de mineures, un phénomène répandu au Soudan.

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