Total, Airbus, PSA/Renault, parmi les groupes exposés à l'Iran

12 Mai, 2018, 09:20 | Auteur: Aubrey Nash
  • Sortie de l'accord sur le nucléaire : ce que risquent les groupes étrangers présents en Iran

" Les représentants des entreprises européennes de toutes les dimensions ont besoin de clarté juridique et nous comptons sur le soutien des institutions européennes et des Etats membres pour aider les entreprises à affronter l'actuelle incertitude et ses conséquences négatives", a pour sa part déclaré Emma Marcegaglia, présidente de BusinessEurope, l'association patronale européenne, et présidente du groupe pétrolier Eni.

Le département du Trésor a indiqué prévoir un délai allant de 90 à 180 jours pour permettre aux entreprises de rompre leurs engagements avec Téhéran avant que les sanctions ne prennent effet, laissant le temps aux pays signataires de négocier d'éventuels ajustements.

Cette annonce fait suite au retrait fracassant des Etats-Unis de laccord sur le programme nucléaire iranien et au rétablissement à venir des sanctions.

Avec les sanctions qui vont être prises à l'égard des entreprises américaines comme Boeing ou General Electric, des entreprises françaises et européennes devraient être touchées. "Ou voulons nous, nous Européens, dire: Nous avons des intérêts économiques, nous voulons continuer à faire du commerce avec l'Iran dans le cadre d'un accord stratégique" ".

La major pétrolière Total, associée au groupe chinois CNPC, a signé un accord portant sur un investissement de 5 milliards de dollars pour exploiter le gisement South Pars mais avait prévenu que le maintien de cet accord dépendait de la position de Washington sur le nucléaire iranien. Les entreprises vont sûrement tenter de demander des dérogations aux autorités américaines, comme cela s'est déjà fait par le passé.

" Pour les sociétés françaises et européennes qui ont des intérêts aux Etats-Unis, il est impossible d'échapper à ce gendarme du monde", a pour sa part déclaré à l'AFP Jacques Hogard, président d'un cabinet de conseil à l'international". En effet, mardi soir, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni ont dit " regretter la décision américaine de sortir de l'accord nucléaire" iranien et ont fait part de leur "détermination à assurer la mise en œuvre de l'accord", dans un communiqué conjoint.

De son côté, l'Élysée a affirmé que les Européens allaient "tout faire pour protéger les intérêts " de leurs entreprises en Iran, "en intervenant auprès de l'administration américaine " au niveau de l'Union européenne.

L'accord signé à Vienne en juillet 2015 avec Téhéran, qui levait une partie des sanctions internationales visant la République islamique, avait ouvert aux entreprises européennes de nouvelles perspectives dans ce marché prometteur d'environ 80 millions d'habitants. Ces sanctions imposées aux entreprises qui commerceraient avec l'Iran pourraient rendre l'accord caduc. La France entend les protéger des sanctions.

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