Des dizaines de CRS évacuent l'université du Mirail — Toulouse

10 Mai, 2018, 09:44 | Auteur: Lynn Cook
  • L'intervention de la police peut intervenir à tout moment sur l'universit

La préfecture a annoncé qu'une "enquête pour dégradations" serait diligentée notamment pour "identifier les éventuels auteurs". Le tribunal administratif de Toulouse, saisi par le syndicat UNI et quatre étudiants, avait ordonné cette évacuation. "Ça fait cinq mois qu'on est mobilisés, et vous pouvez être sûr que les étudiants et les personnels de l'université du Mirail seront bien présents pour les mobilisations à venir!"

"Il y a eu des coups de matraque, des coups de pied, des gens sont tombés à terre mais malgré ça, ils ont continué à marcher, à nous évacuer, des gens ont été piétinés", a rapporté cet étudiant en histoire, qui se tenait dans le hall de l'Accueil, un des deux bâtiments occupés. Quelque 180 policiers sont intervenus sur le site universitaire, selon Frédéric Rose.

Plusieurs camions de CRS ont débarqué à 03 h 45 aux abords de l'université Jean-Jaurès ex Le Mirail, survolée par un hélicoptère pendant l'évacuation. Cependant, vers 6h, une personne faisant partie des étudiants évacués a été interpellée près de la gare, où devait se tenir une Assemblée générale, selon la préfecture.

Equipés de boucliers et de casques, les CRS ont obstrué l'entrée principale du bâtiment de l'Arche, un des deux bâtiments occupés.

Les étudiants, entre 60 et 80 selon une estimation des médias, sortaient par groupes, encadrés par des CRS, frappant dans leurs mains, et scandant "libérez nos camarades" ou encore "Et l'université, elle est à qui?" Reçus et repoussés par les policiers, ils ont décidé ensuite de se réunir en AG sur la place du capitole. Ce dernier a souligné qu'ils vont poursuivre la mobilisation dans d'autres endroits déjà prévus. Elle n'empêchera pas, pour les grévistes, la mobilisation et la mise en place de nouveaux moyens d'actions "hors les murs".

A la suite de la décision de justice du Tribunal Administratif le 2 mai 2018, une opération d'évacuation de l'Université Toulouse - Jean Jaurès s'est déroulée ce jour à 3H45 sous l'autorité de Pascal Mailhos, préfet de la région Occitanie, préfet de Haute-Garonne a indiqué la préfecture mercredi matin. Au moins 400.000 € de dégâts Sur le campus, " les dégâts sont importants avec une première estimation de l'ordre de 400.000 € ", a fait savoir Richard Laganier, administrateur provisoire de l'université que le tribunal administratif avait enjoint de " faire procéder à l'évacuation de deux bâtiments occupés illégalement ". En découvrant l'état de l'amphithéâtre, où s'amoncelaient matelas, couvertures et couettes, Richard Laganier a déclaré en apparté: " La situation est alarmante, on va le fermer jusqu'à nouvel ordre, ça va prendre du temps, il y a des chances qu'il soit fermé jusqu'à septembre".

L'administrateur provisoire a annoncé un dépôt de plainte pour dégradations et la fermeture administrative de l'université "pour quelque jours, de manière à pouvoir reprendre dans le calme (.) les activités à la fois pédagogiques de recherche et administratives nécessaires au bon déroulement de cette fin d'année universitaire". Les examens débuteront le 11 juin.

Recommande: