Strasbourg : Elle décède peu après avoir alerté, en vain, le Samu

09 Mai, 2018, 07:34 | Auteur: Lynn Cook
  • Une jeune femme décède à Strasbourg, le samu mis en cause

" C'est une histoire stupéfiante et incompréhensible".

Que s'est-il passé le 29 décembre 2017? La famille de la défunte accuse le Samu de l'hôpital de Strasbourg d'avoir pris à la légère l'appel au secours de la jeune femme de 22 ans, ce qui selon eux pourrait avoir provoqué sa mort.

Au Monde, elle confie que "Naomi était une fille brillante, forte, courageuse". La permanencière transmet alors à ses collègues du SAMU. C'est la famille de Naomi Musenga qui a transmis l'enregistrement, obtenu auprès de l'hôpital, au site Heb'di. " Des rires gras ponctuent la discussion".

Le ton est à la rigolade. Mais aussi faire en sorte que "la prise en charge des appels relevant tant de la santé (Samu) que des secours (Pompiers) doit être moderne et traitée de façon rigoureuse par les professionnels dont c'est le métier". "Si, ça s'entend, elle va mourir", lance une femme". Elle m'a dit qu'elle va mourir. Personne ne devrait pas mourir dans ces conditions!

"Je ne peux pas, je vais mourir", répond Naomi.

Le dialogue devient alors saisissant.

- "Aidez-moi Madame [voix très faible]". "Oui, qu'est-ce qui se passe?" demande l'opératrice. " Aidez-moi " répète Naomi. - Aidez-moi. - Bon, si vous ne me dites pas ce qu'il se passe, je raccroche... "J'ai très mal au ventre", dit-elle notamment, alors qu'elle saigne abondamment et qu'elle a de la fièvre.

Après cinq heures d'attente, Naomi, mère d'une petite fille, parvient à joindre SOS Médecins.

Naomi dit qu'elle va mourir. "Je vais mourir." La réponse de l'opératrice est laconique: "Oui, certainement un jour, comme tout le monde".

- Oui, ben, vous appelez SOS médecins au 03.88.75.75.75, voilà, ça je ne peux pas le faire à votre place. Elle lui donne le numéro à deux reprises.

- Ben, je peux pas vous aider, je ne sais pas ce que vous avez. Le Samu 67 l'avait redirigée vers SOS médecin qui l'avait finalement réorientée vers... le Samu. Transférée à l'hôpital, la mère de famille décède quelques heures plus tard, d'une "défaillance multiviscérale sur choc hémorragique". Ce qui, selon le docteur Braun, n'apporte pas d'informations sur les causes du décès. " La famille prend alors la décision de le publier pour que jamais ne se reproduise le drame de la jeune femme".

Dans un communiqué publié ce 3 mai, les Hôpitaux universitaires de Strasbourg annoncent l'ouverture d'une enquête administrative "destinée à faire toute la lumière sur les faits relatés dans l'article". " Ce qui a dysfonctionné, c'est d'abord cette transmission entre la stationnaire des pompiers et la permanencière du Samu".

- Vous appelez SOS médecins, c'est 03.88.75.75.75, d'accord?

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