Les chômeurs plus diplômés que les actifs occupés

07 Mai, 2018, 07:56 | Auteur: Aubrey Nash
  • Formation et emploi: Plus de 46% des actifs surclassés

Au-delà du diplôme de premier cycle de l'enseignement supérieur (DEUG), l'adéquation est meilleure à mesure que l'on se spécialise. Si plusieurs éléments ont déjà été communiqués lors de précédentes rencontres organisées par le HCP, cette étude a toutefois le mérite de jeter un nouvel éclairage sur certains aspects de la problématique - notamment en matière d'emplois déclassés.

Le haut-commissaire au plan Ahmed Halimi ne rate aucune occasion pour tailler en pièces la formation professionnelle devenue, selon lui, une usine à créer plus de chômeurs que les centres universitaires et les grandes écoles. À cela s'ajoutent le ralentissement de la croissance et la baisse continue du taux d'activité qui ne dépasse pas, en 2017, 46 %, contre 54 % dans les années 2000. Les taux de chômage de cette catégorie sont de 21,3% pour les diplômés d'initiation professionnelle, 26,5% pour les diplômés de spécialisation, 28,4% pour les diplômés de qualification et 26,4% pour les techniciens spécialisés.

D'autre part, la création d'emplois au Maroc a considérablement baissé, passant de 30.000 postes par point de croissance à 10.500 entre les périodes 2000/2008 et 2009/2017. Quelques diplômes ont enregistré des taux de déclassement inférieurs ou égaux à la moyenne nationale dont trois d'enseignement général et cinq de formation professionnelle (spécialisation en transport et télécommunication, qualification en transport et télécommunication, diplômes supérieurs en services sociaux fournis à la collectivité et sciences de l'information...).

Le taux de chômage des diplômés de l'enseignement général est de 19,7%, contre 25,5% pour les diplômés de la formation professionnelle. En revanche, le taux de chômage augmente avec le diplôme de la formation professionnelle. Les actifs chômeurs sont relativement plus diplômés que les actifs occupés.

En termes de déclassement, les diplômés de la formation professionnelle enregistrent un taux global de déclassement trois fois supérieur à celui affectant les diplômés de l'enseignement général, avec respectivement 33,6 % et 11,6 %.

En revanche, contrairement à ce que l'on a longtemps cru, le taux de chômage baisse avec le niveau de diplôme obtenu dans l'Enseignement général. Plus on se spécialise dans la formation professionnelle, moins l'adéquation est effective.

Le rendement externe de la formation professionnelle montre un niveau de performance critique, aussi bien sur le plan qualitatif que quantitatif, comparé à celui de l'enseignement général, poursuit l'étude.

Autre observation relevée par le ministre: le taux de chômage a tendance à s'élever de la base au sommet de la pyramide des niveaux de formation et des diplômes de la formation professionnelle, alors que cette tendance est globalement inverse dans le cas de la pyramide des niveaux et des diplômes de l'enseignement général.

A noter que les déclassements restent particulièrement élevés dans "l'agriculture, sylviculture et pêche", "l'industrie extractive et manufacturière", ou encore le BTP où l'offre d'emplois est élevée et peu qualifiée.

Ainsi, il constate que l'adéquation entre emplois et formations ressort d'une façon notoire dans les professions relevant, par exemple, du système financier, de l'administration publique, de la santé ou encore des domaines religieux ou sécuritaire. Le taux d'adéquation passe de 70,8% au niveau du secondaire collégial à 64,1% au niveau du secondaire qualifiant. Par ailleurs, le taux de déclassement augmente avec le niveau d'instruction.

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