Tampons bio et coupes menstruelles ne sont pas plus sûrs — Choc toxique

26 Avril, 2018, 06:22 | Auteur: Jonathan Ford
  • Tampons bios et coupes menstruelles n'empêchent pas le syndrome du choc toxique

Pour rappel, le syndrome du choc toxique est une affection rare, grave et potentiellement mortelle due à une infection par le staphylocoque doré (Staphylococcus aureus), une bactérie très pathogène. Pourtant, une étude franco-américaine publiée vendredi 20 avril dans le journal de la société américaine de microbiologie, Applied and environmental microbiology, vient démontrer l'inverse. En revanche, le caractère compact ou non des fibres de cellulose compte: la quantité d'air entre les fibres semble augmenter le risque de croissance de la bactérie, car celle-ci a besoin d'air pour se développer.

A expliqué à l'AFP le médecin Adi Davidov.

Pour arriver à ce constat, qui décevra sans doute les adeptes de ces protections hygiéniques réputées plus sûres, les chercheurs ont testé onze types de tampons et quatre types de coupes menstruelles en laboratoire, afin d'y étudier le développement du staphylocoque doré.

Ni les tampons hygiéniques en coton bio, ni les coupes menstruelles ne protègent mieux les femmes contre les chocs toxiques que les solutions classiques. Il est responsable du département de gynécologie à l'hôpital universitaire de Staten Island et n'a pas participé à l'étude. Leur but? Observer l'éventuel développement du staphylocoque doré et la production de TSST-1. Ils les ont placé chacun dans des sacs en plastique et ont injecté du liquide et une trace de bactérie prélevée sur une femme victime d'un choc toxique en 2014. Le tout a été fermé puis laissé pendant huit heures.

Le type de tampon ne fait pas de différence.

Pour l'éviter, de nouveaux produits, comme des tampons en coton bio ou des coupes menstruelles ont fait leur apparition.

"Nos résultats ne soutiennent pas l'hypothèse qui suggère que les tampons composés exclusivement de coton bio pourraient être intrinsèquement plus sûrs que ceux faits d'un mélange de coton et de rayonne", a dit Gérard Lina, professeur de microbiologie à l'université Claude Bernard de Lyon, en France. Les tampons, par exemple, pourraient devenir dangereux si on les garde trop longtemps. Avant d'ajouter: "Nous avons observé que l'espace entre les fibres qui contribue à l'apport d'air dans le vagin représente également le site majeur de croissance". Cela s'expliquerait là aussi par l'apport d'air supplémentaire qu'elles laissent passer.

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