Deux prêtres et 16 fidèles tués dans une église — NIGERIA

26 Avril, 2018, 05:29 | Auteur: Lynn Cook
  • Nigeria : deux prêtres et au moins 16 fidèles assassinés dans une église

Des hommes armés ont pris d'assaut une église catholique mardi matin dans un village isolé de l'Etat de Benue, tuant 17 personnes dont deux prêtres. Les deux prêtres, présents dans l'église, ont été tués au cours de ces affrontements dont les suspects sont des éleveurs.

"Nous avons récupéré 16 corps ceux des deux prêtres sur les lieux de l'attaque", a expliqué le chef de la police, précisant que ses agents "fouillaient toute la zone " pour retrouver les coupables et les traduire en justice.

Dans un communiqué qui a condamné les violences, le diocèse de Makurdi, capitale de l'État de Benue, a confirmé la mort des prêtres Joseph Gor et Felix Tyolaha.

Selon Terhemen Angor, un habitant de Mbalom, l'office venait de démarrer vers 5H30 locales (4H30 GMT) à l'église St Ignatius "quand des tirs rapprochés ont commencé à résonner". D'où l'inquiétude de représailles, dans une région secouée depuis des mois par de nouveaux affrontements communautaires qui opposent des agriculteurs sédentaires de confession chrétienne aux éleveurs nomades majoritairement peuls et musulmans.

Les assaillants ont ensuite attaqué le village, "pillant plus de 60 maisons, des terres agricoles et des greniers alimentaires", a-t-il raconté. Terrorisée dès les premiers tirs, la population a fui vers les localités voisines.

Ce conflit lié à l'accès à l'eau et à la terre dans le pays le plus peuplé d'Afrique (180 millions d'habitants) a connu une recrudescence ces derniers mois prenant une tournure religieuse.

Le président nigérian a réagi le même jour condamnant cette "attaque-sacrilège ".

La tension était palpable à Makurdi (située à une cinquantaine de km de Mbalom), où des centaines de jeunes en colère sont descendus dans les rues pour protester après les tueries, incendiant des pneus et bloquant la circulation, a constaté un correspondant de l'AFP. Ils ont été dispersés par la police qui a usé de gaz lacrymogènes.

Selon l'agence locale de secours (SEMA), ce conflit a fait plus de 175'000 déplacés dans l'Etat de Benue depuis le début de l'année, dont 80'000 enfants, qui vivent pour la plupart dans des camps.

L'armée déployée en début d'année notamment dans l'Etat de Benue où se sont produits les faits n'a manifestement pas réussi à prévenir les violences.

Selon un rapport de septembre 2017 de l'International Crisis Group, plus de 2.500 personnes ont ainsi été tuées au Nigeria en 2016.

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