Jérôme Hamon, le premier homme greffé deux fois du visage

17 Avril, 2018, 16:54 | Auteur: Jonathan Ford
  • Cette prouesse inédite est à mettre au crédit de l’équipe du Pr Laurent Lantieri à l’hôpital européen Georges-Pompidou de Paris

Jérôme Hamon a accepté "immédiatement" sa nouvelle apparence et dit "se sentir très bien".

Refaire un parcours extrêmement difficileToujours hospitalisé trois mois après son opération à Paris, Jérôme Hamon est apparu mardi 17 avril, le visage encore lisse et immobile, qui n'a pas encore épousé les traits de son crâne.

Atteint d'une neurofibromatose de type 1 (ou maladie de Recklinghausen, injustement appelée syndrome d'Elephant Man), Jérome Hamon souffre d'une déformation du visage. C'est une première mondiale, la seconde opération s'est déroulée dans la nuit du 15 au 16 janvier dernier.

Il avait été le premier greffé total du visage en 2010, il est aujourd'hui le premier homme au monde a avoir reçu deux greffes du visage.

Si la première opération, qui a eu lieu il y a quelques années, avait d'abord été un succès, c'est à la suite d'un banal rhume, soigné par des antibiotiques incompatibles avec son traitement immunodépresseur, que la greffe avait finalement été rejetée, et que son visage avait été déformé. En 2016 il commence à montrer des signes de rejet chronique, et le visage se dégrade.

Il expérimentera à nouveau de longs mois d'hospitalisation: il est en effet entré à l'hôpital à l'été 2017 et son premier greffon lui a été enlevé en novembre. Des moments difficiles à vivre, avec un faciès d'écorché vif. "Il était même plutôt de bonne humeur", a raconté Bernard Cholley, anesthésiste-réanimateur.

"Mais à cas exceptionnel, patient exceptionnel".

"Aujourd'hui, je me sens très bien" témoigne aujourd'hui Jérôme dans une vidéo du Parisien. Faisant encore une fois preuve d'une force de caractère peu commune, il a expliqué: "si je n'avais pas accepté ce nouveau visage, ça aurait été un drame". Et il paraît que d'ici l'été, il pourra à nouveau rire et sourire, et son visage marquer les expressions, il arrive même à plaisanter: "Ce qui est amusant, c'est qu'on me dit que j'ai rajeuni", dit-il dans le Parisien, en évoquant l'âge du donneur, 22 ans. "(...) Mais là, c'est bon, c'est moi", a-t-il conclu.

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