"Nous avions la pleine légitimité pour intervenir", assure Macron — Syrie

16 Avril, 2018, 04:54 | Auteur: Lynn Cook

"S'ils (les alliés) connaissaient les emplacements de supposés centres consacrés aux armes chimiques, pourquoi n'en ont-ils pas fait part à l'OIAC au lieu d'attaquer mon pays?", a insisté l'ambassadeur syrien, affirmant que le site de recherche bombardé à Barzeh avait été inspecté à deux reprises par l'OIAC en 2017, et que l'Organisation n'y avait trouvé aucune preuve de la présence d'armes chimiques, ni d'aucun outil permettant de les fabriquer.

Dans l'émission Fox News Sunday, l'ambassadrice des Etats-Unis auprès des Nations unies, Nikki Haley, a aussi défendu la parole présidentielle. "La France n'a pas déclaré la guerre au régime de Bachar al-Assad", a martelé Emmanuel Macron sur BFMTV et Mediapart.

À noter que le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira en urgence samedi à 17h à la demande de la Russie. C'est la première fois qu'un texte regroupant les aspects chimique, humanitaire et politique du conflit vieux de plus de sept ans est proposé au Conseil.

Dans le domaine chimique, le texte, obtenu par l'AFP, "condamne dans les termes les plus forts tout recours aux armes chimiques en Syrie, en particulier l'attaque du 7 avril à Douma ".

Le régime et l'allié russe ont toujours nié toute responsabilité, dénonçant des "fabrications" rebelles. Le gouvernement syrien accuse les rebelles de 'fabrications' au sujet de l'attaque à Douma.

Tout en jugeant "légitimes" les frappes du week-end, le président du Council on Foreign Relations Richard Haass constate sur Twitter qu'il "n'y a pas de changement visible dans la politique américaine à l'égard de la Syrie". Mais, ajoute-t-elle, "les frappes menées n'ont pas eu vraiment d'impact " sur Bachar al-Assad.

A Moscou, ces frappes sont perçues comme symboliques, "impossibles de réagir autrement dans un contexte d'hystérie médiatique", selon le politologue Gueorgui Bovt, qui s'interroge sur les motivations qui poussent Emmanuel Macron à s'associer à cette opération militaire.

Les mots choisis par le président Bush rappellent ceux utilisés par l'ancien président George W. Bush à la suite de l'invasion dirigée par les États-Unis en Irak.

Selon l'armée russe, la défense antiaérienne syrienne a intercepté 71 missiles de croisière sur 103.

Il a affirmé que le programme chimique syrien "mettra des années à s'en remettre", mais sans pouvoir garantir que le régime Assad "ne sera pas en mesure de le reconstituer ".

La France, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, a appelé la Russie à "faire pression "sur Bachar al-Assad". Emmanuel Macron a qualifié cette opération militaire menée comme un "acte de représailles après des infractions avérées au droit international et a réaffirmé vouloir "construire la paix dans la durée".

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