Washington et Paris prônent une réponse ferme — Syrie

15 Avril, 2018, 10:44 | Auteur: Lynn Cook
  • La logique derrière la brutalité assumée par Bachar El Assad

Le président syrien Bachar al-Assad a mis en garde jeudi contre toute action occidentale, après les menaces des États-Unis et de leurs alliés de frappes en Syrie en riposte à une attaque chimique présumée.

La télévision syrienne a dit que les forces de défense anti-aériennes gouvernementales avaient intercepté 13 missiles. "Ce ne sont pas les actes d'un homme, mais les crimes d'un monstre", a déclaré Trump au sujet de ce bombardement chimique". Avant le lancement des frappes, le département d'Etat avait assuré avoir "la preuve" de l'utilisation d'armes chimiques par le régime Assad.

La France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont frappé le régime syrien sans l'aval du Conseil de sécurité de l'ONU, bloqué par la Russie.

La chancelière allemande Angela Merkel a jugé "évident" que le régime syrien disposait encore d'un arsenal chimique, tout en soulignant que Berlin ne participerait pas à des actions militaires contre Damas. Cette attaque, le 7 avril, a fait au moins 40 morts, selon des secouristes sur place.

Réaction épidermique du président Donald Trump ou réaction responsable de la part du président de la première puissance mondiale réagissant à l'utilisation par le régime syrien des armes chimiques interdites par le droit international contre des populations civiles? Une équipe de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) débute samedi son enquête dans la ville syrienne de Douma, pour déterminer la nature exacte des armes employées mais Heather Nauert a précisé que les États-Unis avaient leurs propres sources, expliquant qu'"qu'un tas de ces choses sont classifiées", pour justifier que les États-Unis n'ont pas rendues publiques les preuves dont ils disposent. Le chef d'état-major français, le général François Lecointre, était présent lors de la conférence de presse au Pentagone.

Le président américain avait rapidement adopté une rhétorique belliqueuse après l'attaque, dénonçant dès le lendemain une "attaque chimique insensée", prévenant qu'il faudrait en "payer le prix fort" et pointant du doigt la "responsabilité" de la Russie et de l'Iran soutenant "l'animal Assad".

"Nous avons été très précis et la réponse était proportionnée, mais, en même temps, ce fut une frappe lourde", a-t-il ajouté, précisant que les forces américaines avaient employé deux fois plus de munitions que l'an dernier.

La Russie, a poursuivi Trump, doit décider si elle poursuit le long de cette "voie sombre" ou si elle se joint aux nations civilisées.

"En 2013, le président Poutine et son gouvernement ont promis au monde qu'ils garantiraient l'élimination des armes chimiques de la Syrie". A Al-Bab (nord-est), où sont évacués les habitants de Douma, Ahmed ne se fait lui non plus guère d'illusion.