Des milliers de personnes manifestent en soutien aux zadistes à Nantes — France

15 Avril, 2018, 07:58 | Auteur: Lynn Cook
  • Devant le consulat de France. Rassemblement solidaire avec les zadistes de Notre-Dame-des-Landes en France

Après la visite surprise du Premier ministre vendredi, les évacuations de squats ont cessé l'heure était aux opérations de déblaiement et à l'enregistrement de dossiers de régularisation, mais les affrontements ont repris ce samedi à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Samedi, des échauffourées ont une nouvelle fois opposé occupants de la ZAD et forces de l'ordre, à la veille d'un rassemblement sur le site du projet, désormais abandonné, du nouvel aéroport de Nantes.

L'équipe médicale des zadistes a évoqué, pour sa part, une dizaine de blessés dans leurs rangs. "Normalement tout devait être fini mais ça continue", a-t-elle déclaré à Reuters.

Après la préfète le matin, il a réitéré son "ouverture à la discussion" et invité occupants illégaux à se "régulariser" dans un délai de dix jours.

Un survol d'hélicoptère dans la nuit a permis d'observer quatre barricades sur cette route.

Selon les zadistes, les forces de l'ordre ont bloqué leur cortège au début du parcours pour l'empêcher de faire jonction avec un cortège syndical et étudiant. "Mobilisation policière hallucinante, barrières anti-émeutes, nuage épais et constant de gaz lacrymogènes et mise en action des canons à eau", ont-ils observé dans un communiqué. Notons que plus de 2 000 gendarmes ont été mobilisés depuis le début de l'opération. Mais les opposants, irrités de voir détruire des lieux de vie mais aussi d'autres où existaient selon eux des projets agricoles, appellent tous leurs soutiens à se mobiliser depuis mardi soir.

"Alors que nous étions près à discuter, on a détruit nos maisons et brutalement évacué les gens". Un autre manifestant interpellé jeudi pour détention d'engin explosif a été relaxé vendredi par le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire mais le parquet a fait appel.

Cette manifestation, pacifique à l'origine, avec enfants et seniors, a été bloquée au niveau du château des Ducs de Bretagne, ce qui a provoqué des tensions. Après avoir été refoulés par des canons à eau et des grenades lacrymogènes, les éléments les plus radicaux, qui avaient descellé des pavés de la ligne de tramway pour s'en servir comme projectiles, se sont dispersés et ont dégradé du mobilier urbain, ainsi que des vitrines de commerces et de banques du centre-ville.

Des affrontements sporadiques se poursuivaient dans la soirée aux abords du centre-ville.

Depuis le 9 avril, la situation à Notre-Dame-des-Landes n'est pas encore maîtrisée.