Le dossier, presque vide, ne justifiait pas un procès — Tarnac

13 Avril, 2018, 01:40 | Auteur: Lynn Cook
  • PASCAL LACHENAUD  AFP

Yildune Lévy, ex-compagne de Julien Coupat, a fait une déclaration très politique, à l'issue du jugement, appelant à "je jamais lâcher (.) contre toutes les machines à broyer, de l'antiterrorisme jusqu'aux tractopelles à Notre-Dame-des-Landes ".

Julien Coupat était présenté à l'époque des faits comme le chef et l'idéologue du groupe de militants anticapitalistes qui vivaient en communauté dans le village corrézien de Tarnac.

Au total, le tribunal correctionnel de Paris a prononcé des relaxes pour la quasi-totalité des huit prévenus, dont Julien Coupat, longtemps présenté comme le leader charismatique du groupe d'ultra-gauche, et son ex-compagne Yildune Lévy.

C'est donc bien un désaveu cinglant pour les enquêteurs. "Le groupe de Tarnac était une fiction" " L'audience a permis de comprendre que le groupe de Tarnac était une fiction et qu'il avait été regroupé, sous cette dénomination, des personnes qui ne se connaissaient pas entre elles", a notamment expliqué la présidente, Corinne Goetzmann, avant de prononcer la relaxe du duo. Seul le prévenu suisse (absent ce jour) est déclaré coupable des faits de "tentative de falsification de documents d'identité". Les huit prévenus du dossier, cinq hommes et trois femmes âgés de 31 à 43 ans, ont finalement été jugés pour association de malfaiteurs, dégradation d'une ligne SNCF, violences lors d'une manifestation, recel de documents volés et refus de se soumettre à un prélèvement biologique. Mathieu Burnel, Benjamin Rosoux et Elsa Hauck ont été relaxés des faits de "refus de prélèvement ADN", car "ils étaient légitimes à refuser ces prélèvements", selon le tribunal. Mais ils ont été dispensés de peines en raison de l'ancienneté des faits.

Les faits de "terrorisme" ont finalement été requalifiés en "faits de droit commun" par la justice, après neuf ans d'enquête et autant de polémiques. "C'est ce qui s'est passé", a salué Jérémie Assous, avocat de Julien Coupat, évoquant une " humiliation pour les services antiterroristes ".

Ils étaient poursuivis pour avoir saboté une ligne SNCF. Le ferme du Goutailloux est alors censé être une "base arrière aux actions violentes", et ses résidents constituent alors aux yeux du procureur Jean-Claude Marin une "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste".

Recommande: