Amnesty dénonce la nouvelle hausse des condamnations à mort en 2017 — Nigeria

13 Avril, 2018, 01:38 | Auteur: Lynn Cook
  • De moins en moins d'exécutions dans le monde en 2017, selon Amnistie internationale

"La condamnation à mort est une épée de Damoclès tant que la législation ne l'a pas abolie".

Cependant, Amnesty International a remarqué des poches de résistance en 2017. En Arabie saoudite, par exemple, le nombre de décapitations liées au trafic de la drogue représentait 40 pour cent de toutes les exécutions en 2017, contre 16 pour cent l'année précédente. Des avancées positives ont ainsi été réalisées dans toute cette partie du continent, avec une baisse considérable du nombre de sentences capitales prononcées. "Le Kenya a supprimé le recours obligatoire à ce châtiment en cas de meurtre".

L'évolution perçue en Afrique subsaharienne renforce l'espoir d'une suppression définitive des sanctions cruelles, inhumaines et dégradantes. Pour l'illustrer, l'ONG révèle qu'en 2017, 993 exécutions ont été constatées dans 23 pays, soit 4% de moins qu'en 2016 et 39% de moins qu'en 2015. Les méthodes d'exécution utilisées en 2017 à travers le monde ont été les suivantes: la décapitation, la pendaison, le peloton d'exécution et l'injection létale. En Iran, au moins 31 exécutions ont lieu en public. Passant de 41 en 2017, contre 32 en 2016. Un chiffre en hausse par rapport à 2016, où cette sanction a frappé au mois six personnes. Ces statistiques excluent la Chine, pays qui exécute le plus mais garde le chiffre exact secret.

Amélioration notable en Afrique subsaharienne: la Guinée est devenue le 20e pays de la région à abolir la peine de mort. Bahreïn, la Jordanie, le Koweït et les Émirats arabes unis ont repris les exécutions en 2017.

Une tendance qui contraste avec celle observée en Chine et aux Etats-Unis. "En Iran, cinq personnes au moins ont été exécutées alors qu'elles étaient âgées de moins de 18 ans". Pour Salil Shetty, les dirigeants qui continuent de recourir à cette pratique à titre de " solution expéditive " ont tout faux car en lieu et place, ils devraient régler les problèmes à la source avec des politiques humaines, efficaces et reposantes sur des informations factuelles. Les Etats-Unis demeurent toujours le seul pays à appliquer la peine de mort dans la zone Amérique (23 exécutions en 2017). Le royaume en a accordé quatre mais au total, "au moins 95 personnes" sont restées sous le coup de la peine capitale, indique encore le rapport.

Amnesty International demande aux autorités algériennes, marocaines et tunisiennes de commuer toutes les condamnations à mort, dans l'objectif d'abolir la peine capitale. "Nous n'avons jamais eu de chiffres par écrit, mais uniquement par téléphone, malgré les écrits officiels que nous avons adressés au ministère de la Justice pour connaître ces données", a précisé le directeur général de l'organisation au Maroc, Mohamed Sektaoui. La situation au Togo n'a pas été occultée dans les questions. Selon un rapport de l'ONG Amnesty International, ils sont 20, les pays de cette région du monde, à avoir fait leurs adieux à cet " abominable châtiment ".

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