Premières passes d'armes à l'Assemblée, reprise "progressive" du trafic mardi — SNCF

12 Avril, 2018, 06:57 | Auteur: Aubrey Nash
  • Premières passes d'armes à l'Assemblée, reprise

En effet, en raison des perturbations dues à la grève de son personnel, la SNCF propose de prendre deux Eurostars pour rallier Calais à la capitale, alors que celles-ci sont seulement distantes de 290 km.

Un quart des cheminots (24,9%) inscrits au planning lundi étaient en grève en milieu de matinée, contre 29,7% le 4 avril au deuxième jour de grève, selon les chiffres de la SNCF. Mais les conducteurs (75% de grévistes) et les contrôleurs (71%) restaient très mobilisés.

Le trafic est toujours très perturbé ce lundi, la SNCF prévoit un TGV sur cinq, un Transilien et un TER sur trois et un Intercités sur six lundi, pour le quatrième jour de grève perlée.

La ministre des Transports, Elisabeth Borne, a défendu devant les députés une réforme "impérative" et plaidé pour un débat "délesté des fantasmes et des contre-vérités qui le polluent". Vantant une réforme "pour les usagers", elle a récusé toute volonté du gouvernement de "passer en force".

Mais à l'unisson des syndicats, les députés Insoumis et communistes (et dans une moindre mesure, ceux de la Nouvelle gauche) n'ont eu de cesse de monter au créneau contre la réforme, y compris en recourant à des débats de procédure avec des rappels au règlement. "Le modèle de ce gouvernement, c'est Margaret Thatcher relookée", a notamment commenté le communiste Sébastien Jumel, tandis que pour L'Insoumis Loïc Prud'homme "c'est un premier pas vers la privatisation".

LR, pour qui la réforme n'est pas assez "courageuse", a aussi dénoncé "un texte bâclé", critiquant à l'instar de la gauche la méthode avec des amendements du gouvernement "arrivés en catimini".

"Cheminots en colère" ou "ça va péter!", scandaient les manifestants, chasubles aux couleurs de leurs syndicats (CGT, Unsa, Sud, CFDT, FO) sur le dos.

Les prises de parole se succédaient pour défendre "l'avenir du service public ferroviaire", le "maintien des garanties sociales" et demander "l'ouverture de négociations sérieuses" avec le gouvernement. Environ 300 d'entre eux sont ensuite partis en manifestation sauvage vers la tour Eiffel avant de se disperser. Un rassemblement a aussi eu lieu à Marseille. Le gouvernement "se limite à gagner du temps", jusqu'à ce que le passage à l'Assemblée soit terminé, abonde Erik Meyer (SUD-Rail).

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