Russie: le gouvernement soutiendra les entreprises sanctionnées par les USA

10 Avril, 2018, 18:27 | Auteur: Lynn Cook
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Le rouble cède près de 3% face au dollar.

L'indice RTS de la Bourse moscovite chute de 11% vers 15h, revenant à son plus bas niveau depuis septembre dernier.

Le premier ministre russe Dimitri Medvedev a demandé à ses adjoints de lui préparer des propositions concrètes pour soutenir les entreprises sanctionnées.

"Cette histoire est scandaleuse au vu de l'illégalité (de ces sanctions), au vu de la violation de toutes les normes", a déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Les nouvelles sanctions américaines visent 38 personnes et entreprises qui s'ajoutent aux 24 déjà ciblées mi-mars en réponse à une ingérence électorale et à plusieurs cyberattaques dont est accusée la Russie. Parmi les autres cibles figurent notamment Igor Rotenberg, qui officie dans le secteur de l'énergie, et Kirill Chamalov, souvent présenté comme le gendre de Vladimir Poutine.

À la Bourse de Hong Kong où est côtée l'entreprise, l'action de Rusal a perdu 50 %, soit plus de 5,5 milliards de dollars.

Le groupe a prévenu que les sanctions " pourraient aboutir à un défaut technique sur certaines [de ses] obligations", affirmant évaluer " l'impact de tels défauts techniques sur sa position financière ". C'est dur, mais nous allons surmonter cela.

La Bourse de Moscou et le rouble sont en forte baisse lundi après l'annonce par les Etats-Unis de sanctions visant des entreprises, des hommes d'affaires et des responsables politiques russes soupçonnés par Washington d'être liés à des activités "malveillantes" visant à déstabiliser les démocraties occidentales.

"Oleg Deripaska, 50 ans et déjà proche du clan de Boris Eltsine dans les années 1990, a déclaré que son inclusion dans la liste était " désagréable, mais prévue ": " Les raisons de me mettre sur la liste des sanctions sont complètement dépourvues de fondement, ridicules, et simplement absurdes. Elle avait entamé en fanfare sa cotation à Londres en novembre 2017, première société russe à s'y introduire depuis les sanctions de 2014.

" Ces sanctions ciblent ceux qui ont beaucoup d'importance dans le système et qui ont le pouvoir de l'influencer", selon l'éditorialiste du journal indépendant Novaïa Gazeta, Ioulia Latynina.

" La liste du Kremlin " commence à faire mal. Les nouvelles sanctions américaines contre la Russie, initialement moquées à Moscou comme " simple annuaire téléphonique", parce qu'elles se réduisaient à une énumération de noms d'alliés du Kremlin, sont désormais entrés dans le vif du sujet. La riposte des États-Unis condamne la Russie à la crise économique et à la dégradation. Selon eux, l'économie russe a appris à vivre sous sanctions.

Les entreprises sanctionnées ne sont pas les seules à en pâtir, la majorité des actions russes ayant écopé, dont le géant public bancaire Sberbank qui a perdu 20 %.

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