Laïcité: Macron hérisse la gauche

10 Avril, 2018, 17:16 | Auteur: Lynn Cook
  • Religion Macron

" Emmanuel Macron a déclaré vouloir " réparer " le lien entre l'Église et l'État qui " s'est abîmé", ce lundi, dans un discours fleuve devant la Conférence des évêques, appelant les catholiques à " ne pas rester au seuil " de l'engagement politique.

"Dans ce moment de grande fragilité sociale, quand l'étoffe même de la nation risque de se déchirer, je considère de ma responsabilité de ne pas laisser s'éroder la confiance des catholiques à l'égard de la politique - et des politiques, a expliqué le chef de l'État".

Marquant à plusieurs reprises son intérêt pour les questions religieuses, Emmanuel Macron a estimé que l'Eglise ne pouvait pas se désintéresser des questions temporelles, tandis qu'un président de la République qui se désintéresserait de l'Eglise et des catholiques manquerait à son devoir. "Et je suis convaincu que la sève catholique doit contribuer encore et toujours à faire vivre notre Nation", a-t-il conclu.

Dans son allocution, Emmanuel Macron a exprimé son refus d'incarner "une religion d'Etat substituant à la transcendance divine un credo républicain". "Insupportable. On attend un président, on entend un sous-curé", a fustigé Jean-Luc Mélenchon dans un tweet. Il a encore durci le ton peu après: "Macron en plein délire métaphysique". S'il doit être réparé?

Mais les propos tenus du chef de l'État au collège des Bernardins pour rassurer les catholiques ont suscité une avalanche de critiques à gauche dénonçant une atteinte au principe de laïcité.

Le nouveau premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a de son côté assuré que l'Eglise catholique n'avait jamais été bannie du débat public et que, dans une République laïque, il n'y avait pas de lien à restaurer avec l'Etat.

A droite de l'échiquier politique, des personnalités qui ne font pas mystère de leur foi catholique ont en façade mieux accueilli les propos d'Emmanuel Macron. "Je salue les envolées lyriques et philosophiques du Chef de l'Etat, il parle d'accueil des migrants, de dignité des prisonniers, a retenu Valérie Boyer, députée Les Républicains des Bouches-du-Rhône".

Revenant sur les déclarations d'Emmanuel Macron sur les racines chrétiennes de la France, Nadine Morano l'a enjoint à les "inscrire dans la constitution". "Et il ne me semble ni sain ni bon que le politique se soit ingénié avec autant de détermination soit à les instrumentaliser soit à les ignorer".

Il n'y a cependant pas que chez les "laïcards " convaincus que le discours d'Emmanuel Macron n'a pas totalement convaincu.

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