Corée du Sud Corruption: l'ex-présidente jugée coupable

07 Avril, 2018, 12:29 | Auteur: Lynn Cook
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Un tribunal sud-coréen a condamné vendredi l'ancienne présidente destituée Park Geun-hye à une peine de 24 ans de prison assortie d'une amende de 18 milliards de wons (17 millions de dollars) pour corruption.

La chute de la présidente conservatrice, consécutive à des manifestations monstres dans tout le pays, a permis l'alternance et l'élection de Moon Jae-in (centre-gauche), qui a contribué au spectaculaire rapprochement en cours entre les deux Corées.

La fille du dictateur militaire Park Chung-Hee, âgée de 66 ans, était devenue en 2013 la première femme présidente du pays.

"Arrêtez la vengeance politique meurtrière", pouvait-on lire sur une banderole tenue à l'extérieur du tribunal.

Mais l'ex-présidente, qui est jugée pour 18 chefs, concentre aussi la colère de toute une partie de la population, car l'affaire a ravivé le ressentiment populaire contre les privilèges des élites et les accointances troubles entre les classes dirigeantes et les puissantes familles qui tiennent les grands conglomérats de la 11e économie mondiale. Elle a été jugée coupable d'abus de pouvoir pour avoir accepté des pots-de-vin de la part de plusieurs entreprises sud-coréennes (dont Samsung et Lotte) et dressé une liste noire pour empêcher l'attribution de subventions à des artistes qu'elle jugeait hostiles à son gouvernement; ainsi que de divulgation de secrets d'État à Choi Soon-sil, sa confidente.

Considérant que ce verdict représentait un intérêt public, la cour avait choisi de le diffuser en direct à la télévision, et ce malgré les protestations de Mme Park, pour qui cette ultime humiliation constituait une atteinte à la présomption d'innocence et aux droits de la défense. Dans un autre procès, Choi Soon-sil a été également reconnue coupable et a écopé de 20 ans de prison. Elle avait commencé en octobre à boycotter les audiences après que sa demande de libération sous caution eut été rejetée. En cas de condamnation, Mme Park pourra faire appel, mais demeurera en détention avant un nouveau procès. Tous deux avaient bénéficié d'une grâce présidentielle après avoir passé environ deux ans derrière les barreaux. Mais les experts pensent que celle-ci est peu probable.

Elle deviendra en cas de condamnation le troisième ex-chef de l'Etat sud-coréen à être condamné après la fin de son mandat.

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