2,6 milliards de dollars réunis à la mi-journée

07 Avril, 2018, 12:31 | Auteur: Lynn Cook
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"Grâce à cette mobilisation et l'esprit de responsabilité dont ont fait preuve les autorités libanaises, la situation est aujourd'hui plus favorable", a estimé Emmanuel Macron, notant les réformes engagées par le gouvernement et la tenue prochaine des premières élections législatives depuis neuf ans.

"Pour l'heure, nous parlons de 1,8 milliard de dollars de prêts concessionnels (à taux bonifiés, ndlr) et de 800 millions de dons", a déclaré Nadim Mounla, conseiller du Premier ministre Saad Hariri en marge de la conférence internationale de soutien au Liban à Paris, tout en soulignant que le gros des annonces était attendu dans l'après-midi.

Ryad est soupçonné d'avoir poussé Saad Hariri à la démission en novembre 2017 en raison de l'influence croissante du Hezbollah et, à travers lui, de l'Iran au Liban.

"Cette journée de travail a été fructueuse (.) Au total, la conférence a permis de mobiliser un peu plus de 11 milliards (de dollars) d'engagements", a-t-il dit en clôture de la conférence, baptisée CEDRE. L'Union européenne va apporter elle une contribution de 150 millions d'euros.

"Mais le Liban n'est pas une île". Côté européen, la France a promis 550 millions d'euros, les Pays-Bas 300 millions, le Royaume-Uni 130 millions et l'Italie 120 millions, selon l'ambassadeur de France au Liban Bruno Foucher. "Il combat le terrorisme à ses frontières et en son sein et, avec plus d'un million de réfugiés, il a pris plus que sa part du fardeau de l'exil syrien", a quant à lui relevé le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian. M. Hariri avait finalement rejoint Beyrouth après une médiation de Paris et repris sa démission.

"Le Liban ne pourra pas réussir seul (.) Il ne s'agit pas de la stabilité du Liban seul, il s'agit de la stabilité de la région et donc de notre monde", a lancé, dans la matinée, lors de l'ouverture de la conférence, le Premier ministre libanais Saad Hariri.

Le plan d'investissements bâti par les autorités libanaises vise à moderniser les infrastructures du pays, qui connaît d'importants retards de développement, à commencer par l'alimentation en eau, la production d'électricité et le traitement des ordures. Le pays est déstabilisé depuis plusieurs mois par l'afflux de réfugiés syriens. Il a accru l'endettement du Liban de 6 milliards de dollars jusqu'en 2016.

La croissance s'y est élevée en moyenne à 1,1 % au cours des trois dernières années, contre plus de 9 % à la veille de la guerre syrienne, tandis que la dette publique culmine à 150 % du PIB, le taux le plus élevé à l'échelle mondiale après le Japon et la Grèce.

Outre les dons et les crédits, une autre voie de rétablissement économique est la lutte contre l'évasion fiscale, estimée à 4,2 milliards de dollars par an.

Les investissements nécessaires, validés vendredi, sont évalués à 10,1 milliards de dollars sur une première phase de quatre ans.

La communauté internationale a déjà œuvré au renforcement de l'armée libanaise lors de la conférence de Rome le 15 mars et doit se pencher sur la question du million de réfugiés syriens au Liban, le 25 avril à Bruxelles.

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