Le lanceur d'alerte en liberté sous contrôle judiciaire — Espagne/Swissleaks

06 Avril, 2018, 02:14 | Auteur: Aubrey Nash
  • Hervé Falciani le 2 juillet 2013 à Paris

Désormais privé de passeport, Falciani n'est pas autorisé à quitter le pays et il est dans l'obligation de se présenter une fois par semaine devant un tribunal.

Arrêté mercredi à Madrid, l'ex-informaticien à la source du scandale Swissleaks a été remis en liberté sous contrôle judiciaire jeudi.

L'informaticien de 46 ans est à l'origine de la "liste Falciani", des données appartenant à la filiale suisse de la banque HSBC ayant permis d'identifier au moins 127 000 comptes appartenant à 79 000 personnes de 180 nationalités.

Les données transmises par Hervé Falciani ont entraîné des condamnations et enquêtes fiscales en France, en Espagne, en Argentine ou encore en Grande-Bretagne.

Les autorités suisses ont confirmé jeudi avoir diffusé uniquement une demande de recherche internationale le 3 mai 2017, alors que les autorités espagnoles ont affirmé qu'Hervé Falciani faisait l'objet d'un mandat d'arrêt international seulement depuis le 19 mars dernier.

"Il revient en Suisse, qui veut l'arrêter, le met sur écoutes, il s'en rend compte, mais au même moment il est en relation avec les services secrets français: il se réfugie en France et décide de se transformer en lanceur d'alerte et transmet ses fichiers au fisc français", a résumé M. Davet.

Hervé Falciani avait déjà été arrêté et placé en détention en Espagne en juillet 2012, mais la justice espagnole avait alors refusé son extradition. "L'arrêt de l'Audience nationale était d'ailleurs sévère envers la banque, évoquant ses procédés " gravement irréguliers " et défendant Hervé Falciani, " une personne qui, grâce à sa collaboration a permis la transmission d'informations à diverses autorités de plusieurs États dont l'Espagne (...) sur de nombreuses situations délictives ".

Les jours d'Hervé Falciani en Espagne sont peut-être comptés. D'autant, a-t-elle ajouté, " qu'il ne vivait pas du tout caché, il avait des activités publiques " en Espagne. "Le paradoxe, c'est précisément qu'il a été arrêté à l'entrée d'un débat sur la nécessité de protéger les lanceurs d'alerte et sa chaise est restée vide", a-t-il expliqué. "Le 5 avril 2018, l'OFJ transmet par la voie diplomatique la demande formelle d'extradition", a déclaré un porte-parole de l'Office fédéral de la justice (OFJ) dans un communiqué.

Interrogé sur cette coïncidence, le ministre espagnol de la Justice, Rafael Catala, a indiqué que le gouvernement n'avait pas son mot à dire dans le calendrier des procédures légales.

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