La ministre dénonce "une désinformation" — Universités bloquées

06 Avril, 2018, 05:16 | Auteur: Lynn Cook
  • Les étudiants ont peur de revenir à la fac a déclaré un doctorant

Edouard Philippe a par ailleurs noté "une très forte mainmise de l'extrême gauche sur ces mouvements".

Alors qu'on lui faisait remarquer que certaines violences sont aussi le fait de mouvements d'extrême droite, il a répondu "absolument, et c'est tout aussi condamnable".

A Toulouse, le mouvement touche notamment l'université Jean-Jaurès, où les étudiants, qui ont entamé le blocage complet de l'université le 6 mars, ont voté mardi en AG la poursuite du mouvement jusqu'à vendredi. La faculté de droit de Montpellier, située dans l'autre université montpelliéraine, a rouvert mardi, dans un climat de "tension palpable", selon des étudiants du comité de mobilisation.

Une bannière " fac bloquée " à l'université Paul-Valéry de Montpellier, le 27 mars 2018. Son président Patrick Lévy va porter plainte après avoir constaté des dégradations importantes et des vols de matériel dans les locaux. A Paris, le site Tolbiac de Paris-1 est également bloqué depuis dix jours.

A Nantes, c'est aussi un " blocus illimité " qui a été voté par une partie de la faculté du Tertre-Censive, où sont enseignées les lettres et sciences humaines.

Mardi, la présidence de l'université de Nantes "a été prise pour cible" par "un groupe d'environ 200 personnes", qui "ont lancé des pierres sur les façades et vitres des bureaux", alors que des personnels se trouvaient à l'intérieur, selon la direction. Cette "volonté de s'en prendre physiquement aux personnes marque un tournant inadmissible", a-t-elle réagi.

À Bordeaux, le campus de la Victoire est fermé et les cours transférés dans d'autres bâtiments.

Dans ce contexte, à Nancy, le président de l'université Lorraine réfléchit à repousser les partiels prévus en mai et juin, "s'il n'y a pas de reprise (des cours) le 9 avril". Mais depuis, tous les cours ont eu lieu normalement, précise l'université de Strasbourg.

Mercredi sur France 2, la ministre Frédérique Vidal a dénoncé "une campagne de désinformation" sur sa loi, tout en disant vouloir privilégier "le dialogue et l'écoute".

Consciente de la difficulté, pour un gouvernement, à faire face à un mouvement étudiant, elle n'a pas dénoncé les blocages en eux-mêmes: "Il y a effectivement des amphithéâtres qui peuvent être bloqués, des assemblées générales qui se tiennent". Mais, a-t-elle ajouté, "quand il y a des violences", cela devient "inacceptable". Alors que le blocage de plusieurs universités se poursuit et gagne en ampleur pour protester contre la réforme de Parcoursup, et que les examens du deuxième semestre se rapprochent, des étudiants grévistes ont proposé ces derniers jours que la note de 10 sur 20 soit donnée à tous lors des partiels, en raison des blocages de facs. Il a toutefois observé que "cette vision des choses semble extrêmement minoritaire chez les étudiants".

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