Données privées : l'appli de rencontres gaies Grindr critiquée à son tour

04 Avril, 2018, 00:40 | Auteur: Lynn Cook
  • Données privées : l'appli de rencontres gaies Grindr critiquée à son tour

Fondé en 2009, Grindr, gratuit, qui se qualifie de " plus grand réseau mondial de rencontres pour hommes gays", a été le premier à utiliser la technologie de la géolocalisation sur smartphone. Grindr, de son côté, s'adresse exclusivement à la communauté LGBTQ.

Il demande aux utilisateurs de comprendre et de ne pas mélanger l'affaire avec un cas aussi emblématique que Facebook/Cambridge Analytica: "Il y a une différence entre une plateforme logicielle que nous utilisons pour le débogage et l'optimisation, et une firme tentant d'influencer des élections ".

"Le statut VIH des utilisateurs de Grindr est partagé tout comme toutes les autres données avec des partenaires de l'appli".

Comme le précise BuzzFeed, ni Apptimize ni Localytics n'ont souhaité répondre aux questions, ajoutant au climat de suspicion.

Apptimize est un service servant à tester les applications mobile avant leur déploiement. De quoi remettre en question le sérieux avec lequel la société prend la vie privée de ses utilisateurs. Mais le bad buzz est lancé, le tollé est général, Grindr est obligé de s'expliquer.

Pour répondre à ces accusations, un des responsables de l'application, Scott Chen, a publié un post sur Tumblr. Comme sur Facebook, les utilisateurs qui pensaient ne partager leurs informations qu'avec les autres utilisateurs de Grindr consultant leur profil, se rendent compte qu'elles peuvent être diffusées presque sans limites, et rachetées par des entreprises qui monnayent des fichiers.

L'application Grindr, qui revendique 3,6 millions d'utilisateurs actifs par jour, partage donc toutes ces informations sensibles et hautement privées. Selon le chercheur, les données envoyées à ces plateformes, permettent en les croisant d'identifier nominativement les utilisateurs de Grindr.

Selon le site d'information Axios lundi, citant le chef de la sécurité de Grindr Bryce Case, l'application a cessé de partager le statut HIV des usagers avec des entreprises tierces. Il reconnaît en quelque sorte la faute commise. Par ailleurs, l'application s'est également défendue de partager et de vendre les informations liées au VIH à quelconque entreprise: " Grindr n'a jamais et ne vendra jamais l'information personnelle identifiable d'un utilisateur, particulièrement une information concernant la séropositivité ou la dernière date de dépistage à des tiers ou à des annonceurs. "Toutefois, loin du mea culpa du patron de Facebook Mark Zuckerberg, il insiste sur la responsabilité des. utilisateurs".

Le CTO de Grindr, Scott Chen a expliqué que son entreprise appliquait des "pratiques habituelles " et qu'aucune donnée partagée n'était vendue. Depuis, le monde politique s'est saisi du dossier outre-Atlantique.

"La confidentialité, ce n'est pas juste les numéros de cartes de crédit et les mots de passe".

La réponse de Grindr a suscité de vives réactions. " Vous avez trahi la communauté LGBT ", a commenté un internaute sous le texte de l'entreprise.

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