Moscou expulse plus de 50 diplomates occidentaux — Affaire Skripal

03 Avril, 2018, 05:31 | Auteur: Lynn Cook
  • Londres

L'hôpital de Salisbury a signalé le 29 mars que l'état de Ioulia Skripal, empoisonnée par un agent innervant à Salisbury (sud-ouest de l'Angleterre) le 4 mars en même temps que son père, l'ancien agent double russe Sergueï Skripal, montrait des signes d'amélioration.

"La Russie n'a jamais eu et n'a rien à voir avec cette affaire", a réaffirmé le Kremlin.

Washington mène, et de loin, le mouvement, avec l'expulsion de 60 diplomates russes considérés comme des "agents de renseignement" (48 dans diverses missions aux États-Unis, 12 à la mission russe auprès de l'ONU).

À Saint-Pétersbourg, ancienne capitale impériale russe, l'évacuation des meubles et des cartons était en cours vendredi au consulat général des États-Unis, à la veille prévue de sa fermeture, a constaté une journaliste de l'AFP.

Londres impute à la Russie cet empoisonnement via un agent neurotoxique, malgré de multiples démentis de Moscou, qui clame son innocence.

Quelques heures plus tôt, un bus avait été filmé en train de quitter l'ambassade de Russie aux Etats-Unis.

Le Premier ministre bulgare Boïko Borissov a pour sa part mis en garde contre toute conclusion trop hâtive quant aux responsabilités dans l'empoisonnement, soulignant que "généralement, dans ce genres d'affaires, la vérité n'est jamais ce que l'on croit à première vue". "Nos diplomates travaillaient au développement de la coopération entre la Russie et les Etats-Unis".

Ces expulsions étaient attendues. " Cette décision de Moscou n'est pas une surprise ", a déclaré le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, cité dans un communiqué. "En décidant, le 26 mars dernier, d'expulser quatre personnels russes sous statut diplomatique, la France a souhaité marquer sa pleine solidarité avec le Royaume-Uni à la suite de l'attaque à l'arme chimique perpétrée à Salisbury". A Londres, une porte-parole du Foreign Office s'est bornée à déclarer hier: "nous étudions les implications des mesures annoncées par le ministère russe des Affaires étrangères". L'Islande a de son côté annoncé, à l'instar de Londres, un boycott diplomatique de la Coupe du monde de football en Russie, prévue en juin-juillet.

Le Royaume-Uni, qui avait déjà expulsé 23 diplomates russes et annoncé le gel des relations bilatérales, a salué la "réponse extraordinaire" de ses alliés.

Mais les élus du Congrès des deux bords, qui ne cessent de faire pression pour que l'administration durcisse le ton, semblent avoir eu raison de ses réticences. L'annonce a été "applaudie" par un ex-ambassadeur américain à Moscou sous la présidence du démocrate Barack Obama, Michael McFaul.

Moscou répond à l'identique, en expulsant le même nombre de diplomates que chaque pays a expulsé d'émissaires russes.

Soixante "espions" russes vont devoir quitter le territoire américain, a annoncé la Maison Blanche.

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