Enquête libyenne: Nicolas Sarkozy va faire appel de son contrôle judiciaire

31 Mars, 2018, 05:41 | Auteur: Sue Barrett
  • Gonzalo Fuentes  Reuters                       Nicolas Sarkozy en garde à vue dans l'enquête sur le financement libyen de la campagne 2007

M. Sarkozy a également été placé sous contrôle judiciaire, ce qui est inédit pour un ancien président français.

Après plus de 24 heures de garde à vue, M. Sarkozy a été mis en examen (inculpé) mercredi soir pour "corruption passive", "financement illégal de campagne électorale" et "recel de détournement de fonds publics libyens".

Le recours à la garde à vue, dénoncé par des responsables de la droite et des proches de l'ancien président, pourrait indiquer que les magistrats instructeurs chargés du dossier et les policiers estiment avoir suffisamment d'éléments pour inculper Nicolas Sarkozy.

Ce contrôle judiciaire interdit à M. Sarkozy de rencontrer neuf protagonistes de cette affaire, dont deux très proches, Claude Guéant et Brice Hortefeux, anciens ministres sous sa présidence (2007-2012), ainsi que de se rendre en Libye, en Égypte, en Tunisie et en Afrique du Sud.

Le Figaro a publié sur son site internet ce que le journal présente comme le verbatim des déclarations de l'ex-chef de l'Etat aux juges qui l'ont mis en examen.

Mis en examen dans l'enquête sur les soupçons de financement libyen de sa campagne en 2007, Nicolas Sarkozy a invoqué devant les juges l'absence de "preuve matérielle " et affirmé, ce jeudi, vivre "l'enfer de la calomnie ".

Interrogé sur les conditions de sa garde à vue à Nanterre, près de Paris, mardi et mercredi, il assure qu'" aucun élément nouveau n'a été produit " contre lui sur une remise d'argent par l'ex-dictateur libyen Mouammar Kadhafi - tué en 2011 par les rebelles libyens -, dont M. Sarkozy fut l'un des artisans de la chute. "Je n'ai pas l'intention de céder face à cette bande", a-t-il ajouté, promettant se défendre son "honneur ". L'ancien chef de l'Etat dément toutefois toutes les accusations dont il fait l'objet. Nicolas Sarkozy accuse l'homme d'affaires, un "malfaiteur", d'avoir menti à plusieurs reprises, et il se fait fort de produire les preuves qu'il faut.

M. Woerth avait précisé "avoir fait le choix de ne pas informer le candidat ni son directeur de campagne de cette circulation d'espèces".

L'enquête porte sur d'éventuel versement de fonds de la Libye, alors dirigée par Mouammar Kadhafi qui auraient servi à financer la campagne présidentielle de Sarkozy en 2007.

Les investigations ont aussi mis en lumière plusieurs opérations suspectes, notamment un virement de 500 000 euros (environ 800 000 $) perçu par Claude Guéant en mars 2008.

"M. Guéant était un collaborateur qui a travaillé d'une manière infatigable à mes côtés", a défendu Nicolas Sarkozy, alors que son ex-ministre de l'Intérieur est lui-aussi mis en examen dans le dossier libyen. Il est suspecté d'avoir tenté d'obtenir d'un magistrat à la Cour de cassation, Gilbert Azibert, des informations le concernant couvertes par le secret.

Recommande: