Une mutinerie dans un commissariat surpeuplé fait 68 morts — Venezuela

30 Mars, 2018, 07:27 | Auteur: Lynn Cook
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Au moins soixante-huit personnes sont mortes dans un " incendie présumé " dans le commissariat principal de Valence, dans le nord du Venezuela, a annoncé mercredi 2 le parquet. Auparavant, l'ONG Une fenêtre sur la liberté, avait fait état de 78 personnes mortes, en majorité des détenus, lors d'une mutinerie qui a éclaté mercredi matin dans les cellules du commissariat principal de Valence.

Des barrières métalliques étaient disposées devant une des entrées, carbonisée, de cet édifice en briques et tout en longueur.

Jets de pierres, bousculades, cris, pleurs et évanouissements: mercredi soir, des heurts ont opposés des proches des détenus à la recherche de nouvelles et les forces de l'ordre à proximité du bâtiment.

A Genève, l'ONU s'est dite jeudi 'consternée' par ces 68 décès.

"Face aux terribles évènements survenus dans le commissariat principal de l'Etat de Carabobo, où un incendie présumé a fait 68 morts, nous avons désigné quatre procureurs (.) pour éclaircir ce qui s'est passé", a déclaré Tarek William Saab, sur son compte Twitter.

L'ONG soutient que 62 détenus et 2 policiers sont morts en 2017 dans des incidents, mais aussi de maladies liées aux mauvaises conditions carcérales.

La surpopulation dans les prisons du Venezuela obligerait les forces de l'ordre à utiliser les commissariats comme lieux de détention de longue durée, alors que selon la loi, la durée de détention ne peut y excéder 48 heures. Le surpeuplement représente 400% de la capacité d'accueil au Venezuela.

Les éventuels responsables devront être poursuivis, ajoute-t-il.

Selon une organisation non gouvernementale (ONG), des détenus se seraient mutinés, et des dizaines d'entre eux auraient péri après avoir été asphyxiés par la fumée qui se dégageait des flammes. Le procureur a assuré que le ministère public entendait 'éclaircir de façon immédiate ces douloureux événements qui ont endeuillé des dizaines de familles vénézuéliennes et établir les responsabilités' dans ce drame.

Le gouverneur de l'Etat de Carabobo (où se trouve Valence), Rafael Lacava, a exprimé sa "consternation".

Les autorités vénézuéliennes maintiennent des personnes en détention dans des commissariats, dans des conditions inadéquates, parce que les prisons sont surpeuplées, expliquent les ONG spécialistes des droits de l'homme au Venezuela.

Le 16 mars, une soixantaine de détenus se sont brièvement échappés d'une prison de l'île touristique de Margarita, dans le nord, par un trou qu'ils avaient ouvert dans un mur.

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