Des souffrances avérées — Électrosensibles

29 Mars, 2018, 01:06 | Auteur: Jonathan Ford
  • L'électrohypersensibilité, une véritable souffrance devant être prise en charge selon l'Anses

Parmi les symptômes des hypersensibles, on cite des maux de tête, des troubles du sommeil, de l'attention et de la mémoire, irritabilité, fourmillements dans les doigts, ainsi qu'une tendance à l'isolement.

Alors que le sujet de l'hypersensibilité aux ondes électromagnétiques reste controversé dans les milieux scientifiques et au cœur d'un débat public, l'Anses a consacré une expertise spécifique et approfondie sur "l'hypersensibilité électromagnétique (EHS) ou intolérance environnementale idiopathique attribuée aux champs électromagnétiques (IEI-CEM)" et publié un rapport. L'Agence recommande également de développer la formation des professionnels de santé sur la problématique de l'électrohypersensibilité, la formation des acteurs sociaux à l'accueil et à l'écoute des personnes se déclarant électrohypersensibles, ainsi qu'à la prise en compte, dans leurs pratiques, de leurs questions et de leurs attentes, et de favoriser la coordination entre les acteurs impliqués dans leur prise en charge.

L'électrosensibilité ou EHS (ElectroHyperSensibilité) est une sensibilité aux champs électromagnétiques produits par des les antennes-relais, les téléphones portables ou encore le Wi-Fi. Et du fait qu'il n'existe pas de critères de diagnostic de l'EHS validés, sa définition "repose sur l'auto-déclaration des personnes" précisent les experts.

"C'est une avancée. On ne parle plus d'un effet nocebo exclusif", a indiqué à l'AFP le président de l'association Robin des Toits, Pierre-Marie Theveniaud, avant d'avoir pris connaissance de l'intégralité du rapport. Elle souligne dans ses conclusions, signées du docteur Roger Genet, que les " plaintes (douleurs, souffrances) se déclarant EHS correspondent à une réalité vécue et que ces personnes ont besoin d'adapter leur quotidien pour y faire face.

L'Anses estime que cet effet "joue certainement un rôle non négligeable dans la persistance de l'EHS", mais qu'il n'exclut pas "une affection organique non identifiée". Après avoir rappelé " la grande complexité de la question ", elle conclut que le sujet mérite de " poursuivre les recherches ", mais aussi d'adapter la prise en charge des personnes concernées. Pour autant, cette souffrance ne serait pas directement causée par les ondes: " aucune preuve expérimentale solide ne permet actuellement d'établir un lien de causalité entre l'exposition aux champs électromagnétiques et les symptômes décrits par les personnes se déclarant EHS ".

"C'est un pas dans la bonne direction". Ces études pourraient notamment porter sur " les relations qui pourraient exister entre hypersensiblité comme trait de caractère et EHS ".

Le rapport, qui pointe du doigt "les limites méthodologiques" des recherches passées, plaide donc pour de nouvelles études, avec de nouveaux protocoles.

Ce n'est pas la première fois que l'Anses se penche sur les effets des radiofréquences.

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