Les États-Unis expulsent 60 "espions" russes — Affaire Skripal

27 Mars, 2018, 06:21 | Auteur: Lynn Cook
  • Le président russe Vladimir Poutine à Kemerovo en Russie le 27 mars

L'administration du président Obama avait expulsé 35 agents russes en décembre 2016 pour punir Moscou de son ingérence dans l'élection présidentielle américaine, juste avant l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche. Les autorités britanniques avaient aussi suspendu les relations bilatérales avec la Russie.

L'Italie a décidé d'expulser deux diplomates russes.

Une façon pour ces pays de marquer le coup après l'empoisonnement avec un produit innervant perpétré, selon eux par Moscou, de l'ex-agent russe Sergueï Skripal et de sa fille en Grande-Bretagne.

Un ancien colonel des services de renseignement militaires russes, Sergueï Skripal, et sa fille Ioulia ont été retrouvés inconscients le 4 mars dernier aux abords d'un centre commercial de Salisbury. La Russie dément toute implication. "Après l'attentat au poison de Salisbury, la Russie ne coopère toujours pas avec les enquêteurs", s'est justifié le ministère allemand des Affaires étrangères.

Les États-Unis ont pour leur part annoncé ce lundi l'expulsion de 60 " espions " russes dans le cadre de cette action coordonnée entre pays occidentaux. "Des mesures supplémentaires, incluant de nouvelles expulsions, ne sont pas exclues dans les prochains jours et semaines", a ajouté Donald Tusk.

Le Danemark a annoncé l'expulsion de deux diplomates russes.

La Lettonie a expulsé un diplomate, un secrétaire de l'ambassade de Russie à Riga, a fait savoir le ministère des Affaires étrangères.

Treize diplomates russes en poste en Ukraine devront aussi rentrer dans leur pays.

La Belgique n'a pas pris de mesures en ce sens.

Theresa May, le Premier ministre britannique, a salué la manifestation de solidarité qui a donné un message fort. Il leur fera une "proposition sur le plan bilatéral", a-t-il indiqué à l'agence Belga. Plusieurs autres pays de l'OTAN ont annoncé des mesures similaires quasi simultanément lundi.

Réunis en sommet à Bruxelles vendredi 23 mars, les dirigeants de l'UE étaient tombés d'accord sur une déclaration condamnant nommément la Russie, après d'intenses tractations entre les États membres qui prônaient le rappel de leur ambassadeur et ceux qui refusaient de rompre la discussion avec Moscou.

Après le Royaume-Uni, l'Union européenne, les États-Unis et le Canada tapent du poing sur la table.

"Nous disons au gouvernement russe: si vous attaquez un de nos amis, vous devrez faire face à de sérieuses conséquences", déclare au journal un haut responsable de Washington. Ces derniers " en appellent à la Russie pour qu'elle assume la responsabilité de ses actes et fasse la démonstration qu'elle est capable d'être à la hauteur de ses engagements et responsabilités internationaux en tant que membre du Conseil de sécurité des Nations unies pour maintenair la paix et la sécurité", a notamment précisé le département d'Etat américain. Le Canada a également fait de même.

Par ailleurs, une source diplomatique interrogée sur les répercussions que pourrait avoir cette crise diplomatique sur les relations avec la France, en l'occurrence sur la visite prévue d'Emmanuel Macron au forum économique de Saint-Pétersbourg (24 et 25 mai), a déclaré: "Nous faisons une chose à la fois". Evoquant une riposte russe, le diplomate a estimé qu'elle serait proportionnée, car, dit-il encore, les Etats-Unis ne comprennent que la force.

Recommande: