CSG : face à la grogne des retraités, l'exécutif fait un geste symbolique

21 Mars, 2018, 04:17 | Auteur: Lynn Cook
  • Edouard Philippe le 6 mars 2018 à l'Assemblée nationale

Interpellé depuis le début de l'année sur le pouvoir d'achat des retraités, le gouvernement s'est finalement résolu à faire un geste.

Confronté à la grogne des retraités qui subissent les effets de la hausse de la CSG, le gouvernement a annoncé hier qu'il allait " corriger le dispositif " pour 100 000 d'entre eux l'an prochain.

Insistant sur l'explication du mécanisme, le chef du gouvernement a rappelé que "40% des retraités ne sont pas concernés par l'augmentation de ce taux de CSG" et que cette mesure s'appliquait "pour tous ceux qui ont un revenu fiscal de référence supérieur à 14.404 euros". Invité de Jean-Jacques Bourdin (BFM/RMC) Édouard Philippe précisait que sur les 7,5 millions de personnes concernées par la hausse de la CSG, les 100 000 qui " sont dans une zone interstice où, objectivement, (elles) voient une augmentation de leur CSG alors que l'addition des deux niveaux de pension les place juste au-dessus du seuil " seront épargnées.

Lorsqu'il était en campagne, Emmanuel Macron avait annoncé son intention d' augmenter la CSG des retraités de 1,7 point pour financer une baisse de cotisations sociales des actifs afin que "le travail paie". Ces seuils ont suscité des mécontentements: nombreux étaient les retraités à souligner qu'ils restaient bien modestes et en tout cas pas "aisés". Au final, l'effet s'est ressenti dans les sondages. La demi-part fiscale des veuves avait été supprimée en deux temps sous les ères Sarkozy et Hollande.

L'exécutif a aussi mis en avant le fait que la suppression progressive de la taxe d'habitation compenserait l'addition pour certains. "Du côté des syndicats de retraités, Michel Salingue (FGR-FP) a jugé le geste du Premier ministre "positif" et la preuve que "nos manifestations ont eu un impact". "Le calendrier ne coïncide pas", reconnaît un ministre, même si la hausse de la CSG, figurant clairement dans le programme de M. Macron, "n'a pris personne en traître". Il promet aussi de se pencher sur la question de la demi-part des veuves. Édouard Philippe l'a assuré ce matin au micro de BFMTV/RMC.

"On va mettre en oeuvre beaucoup de mesures de justice, mais je veux le faire à un rythme maîtrisé, sans promettre des choses que je ne suis pas capable de tenir", a toutefois souligné le Premier ministre.

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