Extrême droite et populistes revendiquent chacun le pouvoir — Italie

06 Mars, 2018, 01:38 | Auteur: Lynn Cook
  • Italie la droite en tête mais incertitude sur qui gouvernera

Son parti, le Mouvement 5 étoiles, est arrivé en tête des élections en Italie derrière la coalition de droite et d'extrême droite.

La coalition de droite arrive en tête après les législatives dimanche en Italie, mais les scores historiques des populistes du Mouvement Cinq Etoiles et de l'extrême droite de Matteo Salvini, brouillent les cartes et plongent le pays dans l'incertitude politique. "Pour la première fois en Europe, les forces antisystèmes l'emportent", résume le quotidien La Stampa.

"Je suis quelqu'un qui tient parole et l'engagement a été pris au sein de la coalition: qui l'emporte peut gouverner", a lancé M. Salvini, alors que le doute subsiste sur la volonté du vieux milliardaire de tenir sa promesse.

La coalition a "le droit et le devoir de gouverner dans les prochaines années", a insisté M. Salvini.

"Les vainqueurs de cette bataille électorale sont Matteo Salvini et Luigi di Maio", le chef de file du M5S, mais "tout cela ne conduit à aucune forme de gouvernabilité", assure l'éditorialiste de La Stampa.

Ce mouvement, fondé par le comique Beppe Grillo en 2009, avait déjà créé la surprise en raflant 25% des voix aux dernières législatives de 2013, et s'assure une position centrale dans le futur Parlement. "Nous sommes une force politique qui représente toute la nation, du Val d'Aoste à la Sicile".

Alors que le M5S a toujours refusé toute alliance, il s'est dit prêt "à discuter avec toutes les forces politiques", mais sur la base du programme du mouvement: la pauvreté et le gaspillage, l'immigration et la sécurité, l'emploi et le développement.

Extrême droite et populistes revendiquent chacun le pouvoir — Italie
Extrême droite et populistes revendiquent chacun le pouvoir — Italie

Le chef de la Ligue aussi a assuré qu'il parlerait "avec tout le monde" mais exclu devant la presse toute "majorité étrange" avec le M5S: "N, O, N, NON, et soulignez trois fois!".

La Ligue a martelé tout au long d'une campagne émaillé d'incidents violents, un discours anti-immigration et méfiant à l'égard de " Bruxelles ", qui semble avoir porté, dans un pays qui a accueilli 690.000 migrants depuis 2013 et où l'euroscepticisme a le vent en poupe. Avec 32 % des suffrages, le M5S est devenu le premier parti d'Italie.

La chancelière allemande Angela Merkel, elle aussi fragilisée en partie par le défi migratoire, a appelé à la formation rapide d'une équipe dirigeante "pour le bien de l'Italie mais aussi de notre Europe commune".

Le Parti démocrate (PD, centre gauche) de Matteo Renzi a de son côté confirmé dans les urnes le mauvais résultat anticipé par les sondages avec un score proche des 20%, selon ces estimations, soit moitié moins que celui obtenu aux élections européennes de 2014.

C'est d'ailleurs l'ensemble de la gauche qui boit la tasse.

A la Bourse de Milan, les marchés financiers ont cependant pris la nouvelle donne en Italie avec une relative sérénité et clôturé sur un léger recul de 0,4%.

Il appartiendra au président italien, Sergio Mattarella, de démêler l'écheveau de ces résultats, dans les semaines qui suivent, et de confier un " mandat exploratoire " à celui ou celle qui lui paraitra en mesure d'obtenir une majorité devant le Parlement.

Recommande: