Arrestations de suspects à Ouagadougou — Burkina Faso/attentat

06 Mars, 2018, 01:25 | Auteur: Lynn Cook
  • Attaques de Ouagadougou: un djihadiste présumé interrogé par la justice

Le président du Niger Mahamadou Issoufou et le président du Togo Faure Gnassingbé sont arrivés lundi vers 10H30 (locales et GMT). La capitale du pays a été le théâtre d'attaques terroristes ciblant l'ambassade de France et l'Etat-major général des armées.

Faure Gnassingbé préside actuellement la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao).

Le Groupe pour le soutien de l'islam et des musulmans (GSIM), lié à Al Qaïda, a revendiqué samedi les attaques de vendredi à Ouagadougou.

Un procureur et quatre enquêteurs français doivent participer à l'enquête.

Dans un premier temps, des sources sécuritaires françaises avaient avancées vendredi un bilan d'au moins 28 morts.

Dimanche, un jihadiste présumé soupçonné d'avoir joué un rôle clé était entendu par la justice.

Deux hommes en lien avec l'attaque ont en outre été arrêtés, toujours selon le responsable qui a requis l'anonymat pour n'avoir pas été autorisé à parler à la presse.

Le chef du gouvernement s'exprimait samedi à l'issue d'une visite au siège de l'Etat-major qui avait été visé par une attaque à la voiture piégée.

"Les fuites au niveau de l'armée commencent à se confirmer, l'enquête va dans ce sens", a confié la source gouvernementale, sans plus de détails. La salle de la réunion avait été changée au dernier moment, évitant un carnage.

"On ne peut quand même que s'interroger et nourrir de légitimes inquiétudes quand le cœur de l'armée burkinabè est touché avec une facilité aussi déconcertante", lisait-on dans l'éditorial du quotidien indépendant L'Observateur Paalga.

Il pourrait même être "un cerveau" de l'attaque, selon cette source, qui a ajouté qu'il y a "des soupçons très forts" qu'il y ait "des infiltrés dans l'armée" qui ont renseigné les assaillants. "Cruelle désillusion", déplorait l'Observateur. Dirigé par le Touareg malien Iyad Ag Ghaly, le GSIM affirme avoir mené ces attaques contre l'état-major des forces armées du Burkina Faso et l'ambassade de France à Ouagadougou, "en réponse à la mort de plusieurs de ses dirigeants dans un raid de l'armée française dans le nord du Mali il y a deux semaines", selon cette source.

GSIM est un groupe issu d'une fusion en mars 2017 entre plusieurs mouvement islamistes dont Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), Ansar Eddine et Al Mourabitoune, qui s'étaient étendus dans la région du Sahel suite à la guerre menée par l'Otan en Libye en 2011 et à la destruction du régime de Muammar al-Gaddafi.

Ougadougou retrouvait lundi son animation habituelle, après un week-end sous tension.

A environ un kilomètre de là, cinq hommes armés sont sortis d'une voiture et ont ouvert le feu sur des passants avant de se diriger vers l'ambassade de France où ils échangé des coups de feux avec les gendarmes et policiers français qui gardaient l'ambassade, selon des témoins. Aucun ressortissant français n'a été tué, ni blessé.

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