Le pôle psychiatrique du CHU épinglé dans un rapport accablant — Saint-Etienne

04 Mars, 2018, 01:35 | Auteur: Jonathan Ford
  • Psychiatrie situation

Le CHU dit malgré tout son intention d'intégrer les recommandations du contrôleur: "Dès la mi-janvier, la gouvernance du CHU et les équipes de psychiatrie se sont réunies pour améliorer les pratiques de contention (.)".

Après une visite inopinée au pôle psychiatrie du centre hospitalier universitaire (CHU) de Saint-Etienne, la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGPL) saisit en urgence le gouvernement.

La contrôleuse Adeline Hazan se montre alarmante, évoquant "un traitement inhumain ou dégradant" au sens de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme.

"Ce dysfonctionnement majeur de la prise en charge des patients relevant de la psychiatrie aux urgences générales nécessite de mettre immédiatement un terme aux traitements indignes observés", écrit Adeline Hazan dans ses recommandations en urgence, publiées jeudi au Journal officiel concernant le Centre hospitalier universitaire de Saint-Étienne.

Certains patients sont "stockés" au service des urgences, faute de lits disponibles en psychiatrie. "Ils n'avaient pu ni se laver, ne si changer, ni avoir accès à leur téléphone portable ". Une description sans concession, qui explique que les conditions d'accueil aux urgences psychiatriques se sont encore aggravées depuis octobre 2017, selon le rapport du CGLPL.

Le rapport pointe aussi du doigt le recours abusif à l'isolement et à la contention: "Lors du contrôle, toutes les chambres d'isolement étaient occupées".

"Ces pratiques ne respectent pas la loi de modernisation de notre système de santé (...)", indique le texte.

Les constats les plus graves, objets des recommandations en urgence, intéressent les conditions d'accueil indignes au sein du service des urgences générales, des pratiques abusives d'isolement et de contention dans les unités d'hospitalisation complète ainsi qu'un défaut d'information des patients au sujet de leurs droits.

La ministre de la Santé a annoncé ce jeudi 2 le versement de 250 millions d'euros de crédits pour les hopitaux qui avaient jusque-là été gelés. Un délai de trois semaines lui a été imparti pour faire connaître ses observations. A l'issue de ce délai, aucune réponse n'est parvenue au contrôle.

Recommande: