Un condamné à mort gracié in extremis — Texas

25 Février, 2018, 03:50 | Auteur: Jonathan Ford
  • Kent Whitaker et son fils Bart lors d'une vis

Jusqu'à jeudi soir, Bart Whitaker, Texan de 38 ans, pensait qu'il serait exécuté pour avoir prémédité le meurtre de toute sa famille et fait assassiner sa mère et son frère en 2003.

Le père du prisonnier, un fervent chrétien, lançait depuis des années des suppliques en ce sens.

Mardi déjà, la commission des grâces et des libérations conditionnelles du Texas avait exceptionnellement demandé l'indulgence pour le condamné.

Cette affaire a fait écho aux États-Unis puisque d'un côté, le fils n'a pas hésité à commanditer l'assassinat de toute sa famille en 2003, et de l'autre côté, un père rescapé de l'attaque qui a choisi de le pardonner en raison de sa croyance à la rédemption.

Seulement, trente minutes avant l'injection létale, le gouverneur du Texas Greg Abbott a prévenu qu'il changeait la peine capitale en peine de prison à perpétuité, indiquant dans un communiqué que "Whitaker doit passer le reste de sa vie derrière des barreaux, en punition pour son crime atroce".

En effet, Bart Whitaker avait engagé un tireur afin d'éliminer ses parents et son frère. A cette fin, il avait mis en scène un faux cambriolage virant à l'attaque sanglante, dans lequel il était lui-même victime d'un tir. Sa mère Tricia, 51 ans, et son frère Kevin, 19 ans, avaient perdu la vie. Après avoir appris qu'il échappait à la mort, Bart Whitaker s'est dit "reconnaissant, pas pour moi mais pour mon père". "Toute punition que j'ai reçue ou que je pourrai recevoir sera juste".

Grièvement blessé par balle dans l'embuscade planifiée par Bart, Kent Whitaker avait décidé, depuis son lit d'hôpital, d'offrir un "pardon miraculeux" au meurtrier. Mais Dieu m'a aidé à parvenir à ce pardon intégral. Et je suis pleinement conscient que ces pertes ont été provoquées par mon fils. "Je pense qu'Il l'a fait pour m'aider à retisser ma relation avec mon fils".

Dans une rare coïncidence temporelle, deux autres Etats américains devaient exécuter chacun un prisonnier jeudi. L'Alabama a prévu d'exécuter Doyle Hamm. Il avait été condamné en 1987 pour le meurtre de l'employé d'un motel au cours d'un vol à main armée. Notre client, n'ont-ils cessé d'affirmer, ne dispose pas d'un réseau veineux suffisamment solide et visible pour permettre la perfusion.

Saisi de la question, un tribunal a finalement tranché mardi, estimant que l'état de santé de Doyle Hamm ne l'empêchait pas d'être exécuté, à la condition que le cathéter de perfusion soit inséré dans une veine de ses jambes ou de ses pieds.

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