Mieux intégrer les réfugiés, l'ambition d'un rapport dévoilé ce lundi — France

20 Février, 2018, 19:52 | Auteur: Lynn Cook
  • Mieux intégrer les réfugiés, l'ambition d'un rapport dévoilé ce lundi — France

Citant le rapport d'Aurélien Taché, Edouard Philippe a souligné la nécessité de passer "d'une logique de prise en charge à une logique d'investissement", lorsqu'il s'agit de l'intégration des personnes immigrées. Il avait été mandaté par Emmanuel Macron pour rédiger ce rapport supposé contrebalancer le projet de loi "Asile Immigration", qui doit être présenté cette semaine en Conseil des Ministres et qui fait débat depuis plusieurs mois au sein de la majorité.

En effet, le rapport serait un moyen de contrebalancer la politique d'immigration du ministre de l'Intérieur, dont les premiers axes révélés, tels que l'augmentation du nombre d'expulsions, ou encore la question du "recensement" des migrants dans les centres d'hébergement, ont été sources de vives critiques.

Les demandeurs d'asile ont interdiction de travailler pendant neuf mois suivant leur demande en France, contre trois mois en Allemagne ou six aux Etats-Unis, ce qui fait de la France un des pays de destination les plus restrictifs en la matière.

Les grandes lignes du projet de loi pour "une immigration maîtrisée et un droit d'asile effectif" ont déjà été dévoilées par le Gisti (Groupe d'information et de soutien des immigrés et des immigrées), qui dénonce une logique "répressive". Il fait donc 72 propositions "pour une politique ambitieuse d'intégration des étrangers arrivant en France", en privilégiant une approche "volontairement pragmatique", afin de "transformer en parcours d'intégration ce qui peut aujourd'hui parfois s'apparenter à un parcours du combattant". Une fois son titre obtenu, il signe un contrat d'intégration républicaine (CIR), assorti d'une formation civique obligatoire de 12 heures et, si besoin, de 50 à 200 heures de français. Un chantier colossal dont le coût est estimé à 600 millions d'euros. Il faudrait aussi "démarrer l'apprentissage du français dès la période de demande d'asile" pour les personnes dont on est sûr qu'elles obtiendront le statut de réfugié, note-t-il. Par ailleurs, pour "connaître la France et s'approprier les valeurs civiques ", le rapport propose de porter à soixante heures (au lieu de douze) la partie civique et d'enrichir le CIR d'un "volet d'insertion professionnelle ". Il souhaite ainsi offrir aux nouveaux venus "un accompagnement global, incluant notamment l'accès au logement et à l'emploi, d'une durée moyenne d'un an".

Pour faciliter l'accès à l'emploi, il propose d'autoriser les demandeurs d'asile "à travailler six mois après le dépôt" de leur dossier (au lieu de 9), voire "plus tôt dans le cas d'un examen au cas par cas". Cela passe par des contrats avec les branches professionnelles, des "partenariats avec les grandes entreprises", mais aussi des reconnaissances partielles de qualifications et un accès plus facile à certaines professions (notamment médicales ou dans la fonction publique). Enfin, il propose de rétablir la prime de 1 000 € versée aux communes proposant un logement et de " créer un crédit d'impôt solidarité " pour les citoyens hébergeant gratuitement. Il souhaite également "réviser les critères d'octroi de la nationalité pour tenir compte de la motivation des candidats, davantage que de leur durée de résidence", avec des titres de séjour plus longs. Il préconise aussi de créer une "agence dédiée à l'intégration des étrangers", qui élargirait les missions de l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides).

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