En souffrance, EDF s'attend à un "rebond" en 2018

17 Février, 2018, 03:07 | Auteur: Aubrey Nash
  • EDF plombé par les prix et sa production veut rebondir en 2018 | Crédits

Le bénéfice net de l'électricien a certes progressé de 11,3% l'an dernier à 3,2 milliards d'euros, aidé par la plus-value enregistrée sur la cession d'une part de 49,9% du gestionnaire du réseau à haute tension RTE.

Enfin, le conseil d'administration d'EDF soumettra à l'assemblée générale mixte des actionnaires du 15 mai 2018 une proposition de versement d'un dividende de 0,46 euro par action pour l'exercice 2017, ce qui représente 60 % de taux de distribution du résultat net courant.

C'est ce que Jean-Bernard Lévy, président-directeur général d'EDF, a souligné lors de la présentation des résultats du groupe, ce matin: "Conformes à nos prévisions, les résultats 2017 démontrent la solidité d'EDF, une nouvelle fois bénéficiaire, dans un contexte de marché difficile ".

Le chiffre d'affaires, quant à lui, atteint 69,63 milliards d'euros, contre 71,2 milliards d'euros en 2016, ce qui représente un recul organique de 1 %.

EDF avait rarement connu une année aussi médiocre, jetant un doute sur sa capacité à mener à bien ses nombreux et coûteux chantiers dans le nucléaire, les énergies renouvelables et les services. Le groupe fait valoir ses efforts pour réduire les charges, avec une baisse de 431 millions d'euros en 2017, soit 706 millions d'euros cumulés depuis 2015.

En aval, EDF a aussi souffert de l'accélération de la concurrence sur le marché des particuliers en France.

La production nucléaire française a reculé de 1,3% en raison d'indisponibilités techniques et d'arrêts pour maintenance mais aussi de l'arrêt temporaire de la centrale du Tricastin (Drôme) pour des travaux à la demande de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). "Cette baisse est liée à un contexte de marché dégradé dans la plupart des pays et à un point bas de la production nucléaire et hydraulique ", a expliqué Jean-Bernard Lévy.

Pour 2018, la direction confirme l'objectif de voir se matérialiser un rebond de l'Ebitda, attendu entre 14,6 et 15,3 milliards d'euros, dans l'hypothèse d'une production nucléaire supérieure à 395 TWh.

Pour l'année 2018, EDF semble en ordre de bataille et déterminée à faire mieux.

Après avoir ajusté à la baisse ses objectifs en novembre, il continue également de viser pour 2018 un cash-flow "légèrement positif ou proche de l'équilibre" après dividende (hors Linky, nouveaux développements, cessions d'actifs et éventuel acompte sur dividende au titre de 2018), alors que cet indicateur s'est établi à -209 millions d'euros l'an dernier.

L'année suivante, le plan de baisse des coûts opérationnels sera amplifié. La production nucléaire est ainsi attendue en hausse.

Mais elle déclinera de nouveau en 2019 en raison notamment de la fermeture programmée de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin), qui ne sera pas encore pleinement compensée par le démarrage de l'EPR de Flamanville (Manche), dont la montée en puissance sera progressive.

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