Nouvelles mises en cause de Lactalis — Lait contaminé

14 Février, 2018, 17:17 | Auteur: Aubrey Nash
  • A ce jour selon une source judiciaire 50 plaintes ont été enregistrées à la section santé publique du parquet de Paris

Dans un communiqué distinct, l'Association des familles de victimes (AFVLCS) fait savoir qu'elle déposerait jeudi, par le biais de son avocate, 30 plaintes individuelles à l'encontre du fabricant et de plusieurs distributeurs. "L'objectif de cette plainte, c'est bien de faire la lumière puisqu'on entend tout et son contraire", a expliqué, mercredi 14 février sur franceinfo, Ingrid Kragl, directrice générale de Foodwatch. Des acteurs qui ont fait preuve de "nombreux manquements aux obligations légales", estime Foodwatch, débouchant sur la mise en danger des enfants, dont certains ont été "atteints dans leur intégrité physique ".

Tous coupables Si cette accusation de la DGAL confirme que Lactalis devrait longtemps naviguer dans la tourmente et que de plus cette affaire a selon Patrick Dehaumont fragilisé l'ensemble de la filière agro-alimentaire française, les autorités pourraient ne pas totalement éviter elles aussi une session d'autocritiques.

Selon l'Institut Pasteur, plus de 200 bébés ont été contaminés à la Salmonella Agona depuis 2005, dont 38 entre la mi-août et décembre 2017, 25 entre 2006 et 2017 et 141 en 2005, avant le rachat par Lactalis du site de Craon (Mayenne), d'où est partie la crise.

"C'est le scandale de trop", pour l'association Foodwatch, une ONG de défense des consommateurs. Sept familles se sont associées à cette plainte - officiellement déposée contre X - qui vient s'ajouter à au moins une douzaine de plaintes déjà enregistrées au pôle santé publique du parquet de Paris, chargées de les centraliser dans le cadre d'une enquête pour "blessures involontaires" et "mise en danger de la vie d'autrui" ouverte le 22 décembre. Elles vont de la mise sur le marché d'un produit préjudiciable à la santé à l'inexécution d'une procédure de retrait ou de rappel d'un produit à la tromperie aggravée et la mise en danger d'autrui en passant par l'exportation vers un pays tiers à l'Union européenne d'une denrée alimentaire préjudiciable à la santé.

"Ce que l'on constate, c'est qu'il y a un décalage entre les éléments donnés au niveau de l'inspection et ce qu'on a pu récupérer comme autocontrôles suite à la crise", a-t-il déclaré.

Enfin, foodwatch n'épargne pas les autorités publiques. L'épidémie de 2005 avait touché 146 nourrissons, a rappelé mardi Patrick Dehaumont. Celle de 2017 en a affecté 37 en France, ainsi que deux en Espagne et un autre probable en Grèce.

"Malheureusement, un certain nombre de produits ont été remis par mégarde dans le circuit de distribution: c'est la principale cause de la défaillance identifiée."
C'est l'un des nœuds du problème: "les sanctions devraient être dissuasives et exemplaires", ajoute Foodwatch.

Il a aussi fustigé dans cette crise une information "morcelée", de la part de Lactalis (15 messages transmis en tout aux distributeurs, ndlr) et "peu transparente".

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