Bordeaux : la chambre des comptes épingle la gestion de Juppé

25 Janvier, 2018, 01:02 | Auteur: Lynn Cook
  • La chambre régionale des comptes de Nouvelle Aquitaine à Bordeaux

Or, la chambre régionale des comptes, dans un rapport qui sera présenté ce lundi 29 janvier lors du conseil municipal, relève que les deux "offres bancaires" en question n'auraient pas du être prises en compte, car il ne s'agissait pas d'emprunts certains, mais seulement d'accords de principe soumis à des conditions.

" Deux offres bancaires ne revêtaient par le caractère certain exigé par la réglementation pour être qualifiées de restes à réaliser". Il aurait donc fallu ôter ce montant des recettes de la ville, rendant du même coup " déficitaires " les résultats annuels de 2013 et 2015, respectivement de 3,6 millions d'euros et de 9,5 millions d'euros, selon les calculs des magistrats.

D'après la CRC, la dette aurait doublé entre 2010 et 2015 pour passer de 185 à 377 millions d'euros. "Ils ont eu pour seule finalité d'équilibrer des comptes clos", alors que le Code général des collectivités locales prévoit que "l'équilibre réel d'un budget suppose une évaluation sincère des recettes et des dépenses", écrit la CRC.

En effet, les contraintes budgétaires, ou la nécessité d'investissements, poussent les collectivités à recourir à l'AP/CP qui a de quoi séduire puisqu'il permet de diminuer massivement les reports de crédits et d'ajuster l'équilibre des comptes. Pour atténuer ses difficultés financières, la commune se serait livrée à quelques écritures comptables jugées douteuses, ce qui lui aurait permis de masquer son déficit et la montée de son endettement, et ainsi de présenter un compte équilibré. Il en appelle au passage à l'arbitrage de ces deux ministères. La non mobilisation des emprunts inscrits en restes à réaliser a été palliée par l'affectation permanente d'une partie des ressources de trésorerie à la couverture de besoins de la section d'investissement, pour un encours d'environ 10 M€ jusqu'en février 2016.

" Ce rapport vient confirmer ce que nous dénonçons depuis plusieurs années et dresse un constat objectif d'une situation inacceptable, estime l'opposant municipal".

Le maire de Bordeaux précise que "la pratique de la Ville de Bordeaux, comme celle d'une majorité de communes consistant à annuler les crédits de paiement non engagés et non mandatés en fin d'exercice pour les rouvrir sur un exercice ultérieur dans le cadre du vote du budget, est conforme à la réglementation". La bonne gestion d'une ville repose d'abord sur la vérité des chiffres.

De plus en plus isolé sur la scène politique, Alain Juppé doit désormais en plus affronter des reproches concernant la gestion de la mairie de Bordeaux, où il siège depuis 2006. Quel est l'avenir financier de la ville, quelles marges de manœuvre et quelle capacité d'investissement reste-t-il?

Dans un courrier en date du 19 décembre, Alain Juppé répond qu'il "ne partage ni les analyses de la Chambre ni ses conclusions".

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