Milos Zeman nettement en tête — Présidentielle tchèque

14 Janvier, 2018, 08:52 | Auteur: Lynn Cook
  • Une bonne soeur vote dans le monastère Albrechtice en République Tchèque le 13 janvier 2018- RADEK MICA

Le premier jour du scrutin, vendredi, a été marqué par l'attaque d'une jeune militante ukrainienne du groupe féministe radical Femen qui s'est ruée, torse nu, sur M. Zeman dans son bureau de vote. Vêtue seulement d'un jean, elle a crié plusieurs fois "Zeman - Putin's slut" (Zeman, putain de Poutine), avant d'être rapidement maîtrisée par les gardes du corps du chef de l'Etat.

M. Drahos a évoqué aussi "une certaine fatigue" de Milos Zeman, faisant allusion aux problèmes de santé du président sortant, qui se déplace avec une canne.

"Malgré le mouvement Femen", a-t-il affirmé, souriant, en jetant son bulletin dans l'urne.

M. Zeman lui a répondu du tac au tac.

Derrière eux, l'ancien ambassadeur tchèque en France, Pavel Fischer, arrive troisième avec 9,39%, suivi de près par l'homme d'affaires et auteur des chansons à succès Michal Horacek, 8,74%, et le médecin Marek Hilser, 8,69%.

Toutefois, selon un sondage réalisé début janvier, le candidat pro-européen de 68 ans pourrait l'emporter au second tour, prévu les 26 et 27 janvier, avec 48,5% contre 44% au président sortant.

Zeman bénéficie notamment du soutien des milieux ruraux alors que Drahos, lui, est préféré par les milieux intellectuels des grandes villes.

Jiri Drahos principal adversaire du président tchèque Milos Zeman dans un bureau de vote de Prague le 12 janvier 2018- Stringer
Jiri Drahos principal adversaire du président tchèque Milos Zeman dans un bureau de vote de Prague le 12 janvier 2018- Stringer

Milos Zeman ne cache pas son admiration pour Donald Trump, souhaite que son pays entretienne des relations plus étroites avec la Russie et la Chine, critique l'Union européenne et a dénoncé l'immigration "musulmane" en Europe. "Les autres candidats, ce n'est qu'une matière informe, je ne vois aucune raison de les choisir", a affirmé à l'AFP le Pragois Martin Sauta, sorti d'un bureau de vote.

"Le président devrait oeuvrer en vue d'unir la société".

Il n'empêche, on s'achemine vers "un duel serré", a estimé l'analyste indépendant Jiri Pehe, interrogé par l'AFP.

"Il n'était pas le plus actif et le plus agressif durant ces débats, mais cela ne devrait pas forcément lui porter préjudice", a-t-il ajouté.

Le poste a finalement échu à Andrej Babis, un milliardaire de 63 ans, qui se retrouve à la tête d'un fragile gouvernement minoritaire en dépit de la victoire de son parti, l'Action des citoyens mécontents (Ano), aux législatives.

Les quelque 15.000 bureaux de vote fonctionneront samedi entre 07H00 et 13H00 GMT, et fermeront donc à temps pour laisser les Tchèques profiter de leur week-end.

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