Les points chauds en négociation — Chômage

13 Janvier, 2018, 08:45 | Auteur: Lynn Cook
  • Illustration

Une fois la copie rendue, s'ils s'entendent, le gouvernement qui met en avant la "co-construction", reprendra ce qui lui convient. Un récent rapport des Inspections générales des affaires sociales (Igas) et des finances (IGF): restreindre l'assurance chômage des indépendants aux cas de liquidations judiciaires et à certains cas de redressements (ne seraient concernés qu'entre 50.000 et 70.000 personnes par an), ouvrir cette protection à tous les motifs de cessation d'activité, volontaire ou non (cela pourrait concerner jusqu'à 360.000 entreprises par an, mais pourrait donner lieu à des abus), couvrir également des baisses de revenus, même temporaires. Par ailleurs, l'allocation serait versée sur une période plus courte et "plafonnée". Au premier rang des promesses de campagne figuraient deux mesures phares: l'instauration de nouveaux droits pour les indépendants qui ne bénéficient pas aujourd'hui de couverture chômage. Parmi les 3,3 millions de travailleurs indépendants, se côtoient patrons, artisans, avocats, médecins libéraux, autoentrepreneurs, chauffeurs Uber ou encore salariés travaillant à leur compte pour arrondir leurs fins de mois.

Mais, le gouvernement a pour l'heure remisé au placard le terme de "bonus malus", qui hérisse le patronat, tout en expliquant être prêt à sortir un tel dispositif de ses cartons si aucune proposition n'émanait des discussions.

Les syndicats craignent une assurance chômage au rabais. Réunis au siège du Medef, patronat et syndicats ont un mois pour ficeler une réforme de l'assurance chômage, sur la base de la feuille de route du gouvernement, avec comme horizon un projet de loi au printemps qui comprendra aussi les réformes de la formation professionnelle et de l'apprentissage. Les syndicats ont redit leur attachement à ce principe. Il faut "sanctionner ceux qui font de ce système une gestion des emplois dans l'entreprise", a insisté le dirigeant de la CGT, Philippe Martinez, jeudi sur Radio Classique, tandis que Laurent Berger plaidait sur Europe 1 pour une "cotisation patronale dégressive".

Corollaire d'une augmentation des bénéficiaires: la montée en puissance du contrôle du chômeurs, un sujet qui reste polémique. Le gouvernement "ferait mieux de multiplier par cinq (.) les salariés de Pôle emploi qui permettent aux chômeurs de trouver du boulot", a taclé M. Martinez.

La réforme de l'assurance chômage doit, avec celles du droit du travail, de la formation et de l'apprentissage, contribuer à lutter contre le chômage de masse qui peine à refluer en France. Car Emmanuel Macron dans sa stratégie de lever les verrous existants sur le marché du travail et sa fluidité avait annoncé en tant que candidat qu'il souhaitait introduire de nouvelles règles pour le chômage. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. "Ça va être un truc bâtard", glissait, avant Noël, un syndicaliste à l'AFP.

Recommande: