Allemagne : la direction du SPD approuve un gouvernement avec Merkel

13 Janvier, 2018, 08:50 | Auteur: Lynn Cook
  • La chancelière allemande Angela Merkel arrive au siège du SPD pour des discussions avec les sociaux-démocrates le 11 janvier 2018 à Berlin

Mais après plus de de 24H enfermés dans la Willy-Brandt-Haus de Berlin à négocier sur la possibilité de former une nouvelle "grande coalition", la CDU-CSU de la chancelière Angela Merkel et le parti SPD ont annoncé avoir trouvé un premier accord ce vendredi matin. Angela Merkel, au pouvoir depuis douze ans, a emporté une victoire à la Pyrrhus avec un score historiquement bas et le SPD a subi une humiliation en septembre. S'il constitue l'ébauche d'un programme de gouvernement pour les quatre ans à venir, il s'agit avant tout d'un compromis de circonstance qui vise à éviter ce que les dirigeants des trois partis, à l'instar d'une majorité d'Allemands, redoutent au plus haut point: la tenue de nouvelles élections, quelques mois seulement après celles du 24 septembre 2017, qui ont vu l'extrême droite entrer au Bundestag pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale.

La Chancelière allemande Angela Merkel déclare que des obstacles restent sur le chemin des négociations pour former une coalition.

"Mais face à l'impossibilité d'une entente entre d'une part les conservateurs de la CDU/CSU et d'autres part les libéraux du FDP et les écologistes, les sociaux-démocrates ont consenti à revenir à la table des négociations", conclut l'agence.

De manière générale, le document de projet gouvernemental, qui doit encore être validé par les partis concernés, se prononce pour une poursuite de l'intégration européenne dans les domaines de la Défense ou de la politique d'immigration.

En revanche, rien n'est encore totalement ancré. Une session dont l'issue est aujourd'hui, des plus incertaines. Cet accord doit être validé dans la journée pour devenir officiel, et le nouvel exécutif ne sera pas en place avant fin mars, dans le meilleur des cas.

C'est l'une des exigences du SPD: "si nous acceptions de rentrer au gouvernement, ce ne serait qu'à la condition de renforcer l'Europe", a insisté M. Schulz jeudi.

Pour rendre possible un tel compromis, chacun des deux camps a dû reculer sur certains points, tout en veillant à imposer sa propre marque ici et là.

La base du SPD, qui aura le dernier mot, peut toutefois encore tout faire capoter au bout du compte. Et elle reste très sceptique à l'idée de servir à nouveau d'appoint aux conservateurs.

Une majorité d'Allemands (56%) pensent que la chancelière quittera ses fonctions avant la fin de son éventuelle prochaine mandature, selon un sondage.

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